derniere mise a jour le 08/04/2017

Âneries en Route
aneries
2 ânes pieds nus et bâtés et un bébé de Bretagne en Catalogne (et le retour!)

Dunkeys on Road: 2 dunkeys and a baby from britanny (France) to Catalunya (Spain) - and way back
with little Nour, Caro and Olivier and the dunkeys Bamboo & Gaspard

Les ânes sont à Cerbère! à Can Decreix.

Départ prévu le 17 avril 2017

pour nous suivre: https://twitter.com/aneriesenroute

ou la page facebook "Aneries en route"

cerbère

Vous trouverez ici le récit complet de nos 5 mois de route en 2016:
Loire Atlantique et Vendée
Charente, Limousin
Dordogne
Tarn et Garonn, Aveyron, Tarn
Aude, 
Pays Catalan (Po)
l'arrivée en Catalogne (Espagne)
LIENS

La Caravane
Vibrant comme le chemin
qui nous amène loin
là où le hasard nous guide
balbultiant de ne pas connaitre
 le destin écrit
du chemin tracé
suivre suivre
malgré tout le suivre quand même
quand l'arrêt est devenu impossible
 interdit
oublié

 petite Nour, Caro et Olivier, et les ânes Gaspard et Bambou
nous écrire / Write us
(adresse postale pour l'hiver 2016-17: Can Decreix, 8 rue des Oliviers 66290 Cerbère et pour nous joindre: 0672825592)

"Aimons la lenteur qui sera bientôt la forme unique du merveilleux moderne, elle seule peut encore nous jeter sur les routes" P. Sansot

caravane

Les membres de l'équipage:

Nos 2 ânes bâtés, Gaspard, fier &  protecteur et Bambou, plus jeune mais courageuse:

gaspardbambounourcaro

Ce sont 2 petits ânes communs, inséparables,  de moins d'un mètre dix.

 
Caro a voyagé avec un âne au Maroc et dans la Drôme, elle a accompagné la roulotte de Léna Belloy en Pologne, en Roumanie et en France

Elle est auteur compositeur / Caro's songs: Un pas L'étranger Said n'est pas mort Garde un sourire  

caro

Olivier
est  clown, mais aussi poète, raconteur et comédien
il a travaillé aux spectacles équestres du Théâtre du Cheval Bavard en Charente, sans dressage mais avec beaucoup d'amour
metteur en scène, comédien et auteur dramatique à Theorema
 poèmes (écrits des 7 quartiers)

Il y a une dizaine d'années, son grand frère (François Schneider) avait parcouru la France avec l'âne Jujube pour sa marche pour la Décroissance
J'ai aussi accompagné Caro dans la Drôme avec l'ânesse Eclypse, et Léna Belloy et sa roulotte en Roumanie
olivier

 Nour
est née il y a un an sur l'île de la Réunion, elle est en apprentissage par le voyage

nour

On fait à peu près 15 Km par jour avec une pause tous les 3 jours.

Les anes sont "pieds nus"  c'est à dire non ferré. A l'arrivée dans le sud, ils ont des pieds impeccables.

 Ils ne portent pas plus qu'un cinquième de leur poids, du moins à partir de Bioussac...

Nos Anes avant le départ....
au repos
 Rarement se reposent les mouettes
Rarement n'avancent que les corbeaux
Le dauphin invisible cogne contre la proue du bateau
Jusqu'où ira t'on sans y aller vraiment?

En Vendée

Nos premiers jours:

départ le 28 avril de Touvois 

La préparation

gaspard habillé 

preparation

Le récit des premiers jours

A Chateauneuf en Vendée, dans mon bungalow ! (écrit par Caro)

Ces trois jours de voyage me paraissent trois semaines tant je suis fatiguée comme les ânes qui se reposent dans le pré. Le fait peut être de ne pouvoir jamais relâcher la vigilance autant pour Nour que pour les animaux qui partent en itinérance pour la première fois ; peut être aussi à cause du temps maussade qui s'est abattu sur notre terrain marécageux de la deuxième nuit, vent et pluie froide .

Le premier jour a été idyllique ou presque, on avait bien équilibré les sacoches , les ânes ont bien marché jusqu'au premier endroit de pause. 

premier campement

On est soulagé, leurs pieds nus se sont faits à la route. On poursuit notre marche sans encombres aux Haras d'Uranie, après Hilaire au Blé (hameau de St Étienne de Mer Morte). Là, on est accueillis par Caroline éleveuse de chevaux barbes qui a deux petits lamas farouches . On a pu camper dans un rond de longe, immense bac à sable pour Nour, et mettre les ânes au paddock avec du foin sec et de l'eau que nous a amené Caroline, les ânes semblent fous de joie, ils jouent avec les autres chevaux, bondissent, courent comme des cabris.

hara d'uranie

La nuit a été facile, la petite , miracle ne nous a pas réveillé .

Mais le matin, les petites averses ont commencé. Le temps de faire le feu, de se mettre à l 'abri sous la tente puis de nouveau une averse ; j'ai senti comme si le temps tournait, et comme si il y avait une urgence à replier le camp, urgence qu'olivier ne partageait pas car le soleil semblait se repointer. La petite ne me lâchant pas j'ai ordonné à tort et à travers comme un vieux capitaine ce qui a bloqué olivier, du coup on a fini par partir plus tard que prévu.

Dans ma précipitation (vite tant que le petit tyran dort) , on a pris un chemin à travers champ , bloqué par une haie, j 'ai voulu qu'on passe quand même en défonçant les barbelés et les buissons , les ânes ont suivi , mais pas tout à fait les sacoches et tout les bats se sont distendus et ont commencé à rouler sur le dos des ânes. On s'est retrouvé sur une piste avec les machines agricoles énormes qui passaient toutes les deux minutes, donc impossible de se mettre en travers pour remettre les bats , on a fini par y arriver à l'arrache. Grand état émotionnel de nous et des ânes, on retrouve hilaire au blé, marchons sur les mêmes pistes gravillonnées ( foutus gravillons blesseurs de sabots) où parfois le bon sens a voulu qu'on laisse au milieu une allée herbacée , traversons des bleds où on ne croise jamais personne à part des gens apeurés , le temps a l 'air de menacer, dans un des villages je demande si il y a un hébergement en dur, la seule femme qui m'ouvre est pressée car elle attend un expert pour refaire sa piscine et finit par m'envoyer sur les roses. (je dis à olivier cette région est pire que le vrai désert car il n 'y a pas le sens de l'hospitalité).

On continue alors , dans le but d'atteindre « fleur de lys » ( ah ces chouans ..) où on peut peut-être planter la tente chez des gens bienveillants , mais pas le temps d'y arriver, au loin à « beau soleil » la voie rapide effraie les ânes tant et tant que bambou court presque, il faut le traverser sur le pont , un homme de cheval en vélo nous aide , on continue , les ânes sont dans l'émotion , on les retient , la petite finit par se réveiller et pleure comme à son habitude pour gigoter ( super 5 , porte bébé même combat!) , toujours aussi maître de mes nerfs j'obéis à sa volonté impérieuse et nous attachons les ânes à l'arrache à des branches sur un terrain marécageux .

Je vais récupérer le sac à dos avec la petite sous le bras, du coup je le traîne au sol derrière les buissons ce qui panique complètement Gaspard et bambou ( ah un chasseur qui traîne une carcasse!!!) ils partent en défonçant tout , on doit retirer le bat de bambou dans l'urgence ( olivier tes oeuillets à cuir bloquent tout argh!!), les rattraper , et du coup camper là ,il est déjà tard , il commence à pleuvoir pendant qu'olivier fait le parc, les pieds dans l'eau , je me mets dans notre demi tente deux secondes avec Nour , on s'abrite derrière les matelas de camping, bien sur la bâche est à l'autre bout du champ, Olivier court la chercher et ferme hermétiquement la petite tente de fortune , et là de ma barricade opaque et remplie de toutes nos affaires en vrac, je donne des ordres : monte la tente !!!

Du coup olivier le fait mais au moment où il pleut le plus , elle prend l 'eau , on la sèche un peu grâce à une éclaircie , ça va les duvets sont secs et aussi la peau de mouton et la turbulette, on peut faire le feu car ça se calme manger et dodo au sec , la petite dort comme un loir , mais on a presque plus d'eau potable pour nous et j'ai la bonne idée d'avoir soif. le lendemain ça redouble , et en je suis hyper inquiète car l 'eau commence à humidifier les cotés de la tente. Je vais au village en courant chercher au plus tôt de l 'eau , voit un hangar , demande à une vieille si on peut s'y faire sécher , elle me dit «  je vous remet confiance » ce qui est faux , entre temps elle se monte la tête et prend carrément peur. Je ramène les ânes dans son hangar pendant qu'olivier gère Nour sous la tente avec brio, ils sont indisciplinés et veulent aller à l 'opposé d'où je veux les emmener (ils sentent le truc)

Là bas je les attache sous le hangar pour qu'ils sèchent avec leurs bats distendus par la pluie , je retourne voir olivier en courant , entre temps la vieille a ameuté ses voisins , la femme me fait la morale «  faire ça avec un bébé ! » j 'explose , je fais un grand discours à l 'homme sur l'hospitalité marocaine et bretonne à faire fondre le cœur au plus endurci , je suis sincèrement à bout , et ces gens , au lieu de simplement nous ouvrir leur porte pour qu'on se sèche nous jugent ..

Du coup ils nous invitent à prendre un café et des biscottes. Ce qui me calme un peu . On remplit tout plus tranquillement , et on repart , encore des obstacles , une voie ferrée que Gaspard ne veut pas franchir , sûrement des chougneries , une départementale à longer, bambou marche beaucoup mieux par contre , et là nous voilà aux Vieilles Ventes , on négocie avec la patronne du camping très sympa (et très étonnée car c'est la première fois qu'on vient chez elle en ânes) le prix d'un bungalow, c 'est pas cher ; on se pose enfin , et les ânes aussi !!

Le soleil est revenu et tout sèche , on a bien soigné les ânes et fait prendre un bain à Nour qui sort une nouvelle dent . On a bu le thé apaisant et ressorti les instrus pas cassés , la musique déploie tout son sens et je savoure chaque note. on commence à apprendre, sur nous encore plus que sur les ânes …demain on repart on est encore à deux jours et quelques de la maison de l'âne , et je vais essayer d'être moins dans la précipitation catastrophée au moindre hurlement de « poupouille » et pour le quotidien  , promis ...

aux vieilles ventes


De Chateauneuf à Beauvoir Sur Mer (les Marais Bretons)

Nous partons des Vieilles Ventes à Chateauneuf, quelques kilomètres de piste cyclable et nous arrivons à Versailles, chez Emmanuelle Rambaud qui nous a confié le tracé de nos chemins. On y retrouve  ses superbes chevaux, dont beaucoup de retraités, anciens champions et grands compagnons du Refuge, dont elle prend grand soin. Accueil grandiose et généreux, le lendemain nous partons à l'aurore, et nous marchons pour notre plus longue étape. 

nos anes

préparationpréparation 2prets

départ


photos Emmanuelle Rambaud

Emmanuelle nous rejoint à vélo près de Saint Gervais, nous marchons sans encombre, avec allant, Gaspard en tête, Bambou rayonnante, jusqu'à Beauvoir. Là nous devons emprunter une route en terre, et nous découvrons une route pleine de graviers pour rejoindre la Maison de l'Âne. Les ânes n'en peuvent plus de ces cailloux, mais nous sommes dans le Marais Breton, accueillis par un troupeau de chevaux qui suivent notre troupeau intrigué. Puis arrivé à la Maison de l'âne, nous restons le mercredi pour jouer des musiques celtiques et rencontrer tous les grands ânes du lieu. Un journaliste passe, correspondant local de Ouest France (c'est Emmanuelle qui l'a contacté), belle rencontre, il prend son temps, semble sensible à notre odyssée, ça fait plaisir et qui sait, peut être notre premier article? Le temps est au beau fixe.

Lire l'article de presse sur le net

« L'important n'est pas la destination, mais la façon d'y aller »
article presse vendée
Avec le monde comme terrain de jeu, la petite Nour et ses parents Caroline et Olivier, vont sillonner la France. Une itinérance, faite de rencontres, bercée par le pas de leurs ânes.
Caroline et Olivier ont choisi pour Nour, leur petite fille de quinze mois, une ouverture à la vie au contact de l'inconnu. C'est avec deux ânes, Gaspar et Bambou, qu'ils sont en itinérance, d'un bivouac à l'autre, marchant une dizaine de kilomètres par jour. Partis le 28 avril de Touvois, en Loire-Atlantique, ils étaient à la Maison de l'âne, à Beauvoir-sur-Mer, en début de semaine. Une semaine de rodage à l'écoute du bébé et des animaux.
C'est à l'île de la Réunion, où ses parents étaient très impliqués dans un travail associatif, qu'est née la petite fille. De retour en Métropole, la petite famille est partie de Douarnenez en Renault-5 pour un périple en Espagne. « Nous sommes persuadés que toutes les rencontres improvisées, que ce soit avec les adultes ou les autres enfants sont des moments très riches et privilégiés avant d'aborder la scolarité. Et l'important pour nous n'est pas une destination, confient-ils, mais la façon d'y aller. »Devant la tente, abritée du vent par un petit monticule de terre, Nour profite du terrain de jeux dans l'herbe, sous l'oeil très attentif de papa et maman. C'est l'heure du repas ; le temps froid et venté de la fin avril a laissé place à un magnifique soleil annonçant de beaux jours. Superbe journée de repos avant le marché du jeudi où Caroline ira sans doute chanter. « Mais il y a tellement à faire que je n'ai même pas eu le temps de faire de la musique », regrette-t-elle en souriant.
Artistes professionnels, Caroline et Olivier se produisent en cours de route au gré des marchés et des fêtes locales. Musicienne et compositeur, la jeune femme chante ses textes en s'accompagnant à l'accordéon ou à la guitare, alors qu'Olivier, comédien-clown, s'exprime dans la rue. Le voyage avec un âne, Caroline connaît. Elle l'a expérimenté au Maroc où elle confie avoir été très impressionnée par la chaleur de l'accueil, en particulier chez les Berbères.
Leur philosophie ? Prendre soin de chacun. « Être à l'écoute de chacun de nous à commencer par Nour, mais aussi des animaux. Pour cela, les pauses sont fréquentes et surtout, le chargement des ânes effectué avec beaucoup de soin. Quant à Nour, dormir dans son sac à dos, bercée par le pas de son papa, semble un de ses plaisirs préférés. »
Au sud de Poitiers, un arrêt bilan est prévu avant d'aborder la Dordogne, sans doute pour les vendanges et un hivernage. Ensuite se posera la question : l'Espagne ou l'Italie ?

maison de l'ane

parage

de Beauvoir sur Mer à Comméquier (par la côte vendéenne)

Caro joue de la musique au marché de Beauvoir sur Mer (Olivier est avec Nour qui dort sur lui): - ça fait du bien de faire un peu résonner ses instruments cassés sur le marché !! le pauvre accordéon tient encore le choc , malgré moultes réparations  et secousses. Après le marché  on partage  un repas avec Paulo, l’ânier sauveur des races disparues, et sa compagne,  et on part sous la canicule, car oui on sait plus comment  s'habiller ma bonne dame  avec ce dérèglement climatique . on a été assez bêtes  pour mettre Nour  en petite robe dans le porte bébé , du coup ça doit pas être très agréable avec les sangles sous les fesses , olivier devient rouge écrevisse, on  suit une belle digue,  et après quelques kilomètres on cherche désespérément de l 'ombre pour faire une pause  avant  que Nour cuise , on s 'arrête dans le jardin d'une brave dame avec  l'accent gascon , et puis on continue , à la recherche de la ferme " la folie paysanne" où on doit faire  la pause du soir , on se paume dans les marais , et finalement après quelques peurs de chiens (quelqu'un nous dit qu'il y en a qui dévorent tout), nous arrivons très tard chez Aurélie et Jérôme. 

lionel et aurélie
Lionel le bricoleur qui vient aider et qui porte Nour si bien, et Aurélie tout sourire)

(Donc oui je reprend , dans la grange des âniers belges de commequier.)

On est donc arrivés à la barre de monts , accueillis royalement et simplement par la souriante Aurélie . On tombe en plus en pleine fête de famille , et elle ajoute des couverts pour nous et nous donne un super lit. Elle a repris une ferme et partage une activité paysanne équestre et son métier d'instit , aidée par des amis de passage . Les ânes sont dans un beau parc , avec plein de place.

Je peux aller voir le spectacle de «  autre direction » à notre dame des monts , et profiter de ce petit festival d 'art de rue qui rend cette ville balnéaire moins désagréable .

Jérôme nous aide beaucoup pour les itinéraires , on repart requinqués malgré la menace de pluie, avec aurél un ami accordéoniste qui nous a retrouvé, et a réparé mon accordéon encore une fois , je lui dois une fière bretelle. Et avec une rape en poche , pour les pieds des ânes.

marais breton vendéen

On devait s'arrêter chez Paulo de la maison de l 'âne car on craint une grosse pluie , mais il n 'est pas là, heureusement la pluie non plus. On continue donc jusqu'au château d'eau de notre dame des monts , Aurel fait un petit bout de route avec nous avec son vélo et nous partageons du hareng.

On campe dans le parc du château d'eau , on nous a autorisés car on est souriants aujourd'hui et de bonne humeur ; on se dit chic , les ânes vont être dans le parc des kayak , pas besoin de tendre du fil , et on s’apprête à dormir quand soudain on entend leurs sabots s'éloigner , ils fuguent retrouver d'autres ânes , la liberté , ou nous fuir qui sait !!?

olivier erre pour les chercher sans résultats , je le rejoint avec Nour endormie , on ne trouve pas de traces . Enfin olivier (qui s'est levé vers 4-5h dans la nuit et la pluie pour les chercher à nouveau) , alors qu'il n'en peut plus et commence à songer à appeler la gendarmerie, croise Dany une chouette femme qui le conduit en voiture les retrouve et il les récupère , complètement perdus . Merci encore à elle.

Le matin avec la petite pluie on repart (note d'Olivier: je suis complètement crevé, et marche au radar) , on dépasse tant bien que mal notre dame des monts - toujours les marais , les petites routes gravillonnées , la ruralité rugueuse et un peu froide , puis les quartiers pavillonnaires , route passante , rond point qui nous permet de traverser cette foutue départementale vers les pistes sableuses .

On croise un brave homme qui nous parle de st jacques , puis on fait la pause dans la forêt de pins.

Je crois que je m 'énerve encore , contrecoup de la nuit , on dissémine plein de trucs en chemin , et des choses très utiles genre le toit du porte bébé , les cordes . Ces foutus petites choses qu'on rajoute sur les bas sont un enfer quotidien qui empêchent les sacoches d 'être équilibrées . On longe la mer et les ânes sont effrayés , décontenancés , surtout Gaspard qui bloque à fond. C'est con parce que nous on aime bien l 'air de la mer...

on finit par s'affaler dans un endroit sauvage , pas loin d'un camping où on peut prendre de l 'eau ; bonheur , on se baigne , extase même.

On se prépare une jolie nuit réparatrice , on fait un bon parc aux ânes , avec trois fils , sans elec évidement ( le centre équestre n'a pas voulu nous accueillir pour la nuit) et que se passe t' il?, et bien les ânes vont encore voir ailleurs pendant la nuit (sitôt que nous sommes couchés) …

désespoir … au matin, après les avoir cherché partout à nouveau à partir de 5 h du matin, olivier appelle la gendarmerie pour signaler leur perte , et heureusement on le rappelle plus tard , ils sont retrouvées par des maçons ( si tout le monde avait des ânes , çà détournerait un peu les flics de plus sales besognes non?!!)

on repart alors , l 'érythème fessier de Nour est parti ( ouf , merci au lavabo du camping où je l 'ai lavé en douce …) sur des pistes sablonneuses entre les pins , il fait très beau , ça fait même vacances mais je suis encore énervée , par la côte , ou le manque de sommeil , par le fait de ne pas savoir comment garder les ânes le soir , par peur qu'ils s'emmêlent trop à l'attache sauvage.

Tony arrive , de douarnenez avec sa caisse et son vélo , il nous suit un petit bout , on croise une superbe mare en pleine forêt avec de l 'eau douce où les ânes peuvent boire , et les sacoches dégringoler …. cette ficelle agricole a ses limites .

On avance dans le bois , je suis avec Gaspard devant et je vais un peu au feeling ,pour une fois il est bon et on trouve un bel endroit juste avant st jean de monts , près d'une maison sympa où vit Gabrielle avec qui on sympathise . Mais on est trop crevés pour veiller , et il y a plein de moustiques . En plus les ânes sont pour la première fois à l 'attache entre deux arbres pour la nuit .

Et il flotte.

Le matin on est bien contents de voir que les ânes sont encore là , et pas emmêlés , moins de l 'humidité . Je vais chez Gabrielle avec Nour boire un café ( pas Nour elle en a pas besoin!)

je peux la laver aussi , elle est complètement intenable peut-être à cause de ses piqûres de moustiques , on échange bien avec Gabrielle , elle prend des cours de guitare et tient une boutique en ville , elle est très chaleureuse ; Tony se joint à nous , puis je vais à la mediatheque faire jouer la petite dans autre chose que l 'herbe mouillée et regarder cette météo désastreuse qui nous annonce pluie , gris et pluie ; je me sens crevée et démoralisée . On décide que vu le temps , et qu'on a Tony avec nous , je vais aller moi avec Nour et Tony chercher une nouvelle tente , en plus pour les affaires ( le petit abri de plage c'est de la merde) , avec dans le coffre une partie des affaires , pendant que olivier vit son voyage initiatique avec les deux ânes .

Le chemin sans savoir exactement où il nous mène
Le chemin cogné par les voitures, les tracteurs, et les motocyclettes,
le chemin boueux à l'allée d'arbres enveloppants
les chemins où les ânes vont vite: les artères noires entre deux haies
et ceux où ils vont lentement, voire très lentement: les chemins gravillonnés, les chemins des supplices pour les ânes fatigués...

note d'Olivier:  après avoir marché sur les trottoirs de la ville, à la recherche du chemin, je marche avec les ânes accrochés l'une à l'autre dans les sentiers de la forêt de Mont, c'est magnifique. Le sentier passe dans des dunes qu'il faut gravir, je suis en pleine nature, seul avec deux ânes sous une petite pluie fine. Je pense: s'ils bloquent ici, qu'est ce que je fais? Mais ils passent partout, montent sur les collines, descendent dans les chemins escarpés, j'essaie de ne pas leur faire sentir mes doutes. A peine sorti de la forêt je vois des poneys Highlands, il faut que nous nous arrêtions ici. Je demande à Laurent, il accepte!

les chevaux dans les dunes

camp au Cheval dans les dunes

Tout roule, il arrive à trouver un bon centre équestre où les ânes sont comme des pachas à se rouler dans le foin et nous inaugurons notre nouvelle installation, en chantant du séga.

Le plus grave c'est d'avoir oublié de chanter dans tout ça …le matin Tony s'en va avec quelques affaires dont nous nous délestons, et on part direction notre dame de riez . Olivier a vu dans le courrier vendéen qu'il y a des âniers qui viennent de s'installer à Comméquiers, Caro les appelle, ils nous invitent à venir chez eux, prendre soin des ânes, prendre une douche, du coup on change tous nos plans, fini la côte, on passera par les terres!

Journée éprouvante , les ânes font des progrès énormes et longent des travaux , des garages autos , des routes très passantes …

on se cale dans un petit sous bois d'un quartier sympa , où il y a des enfants curieux qui nous proposent leur cabane pour abri , d’ailleurs on campe à coté , Nour peut encore prendre un bain chez les adorables Rachel et olivier , qui ont une petite fille , jade de cinq ans qui joue avec Nour .

campement notre dame de rietz

Cette petite famille nous aide à fond , jade donne des jouets à Nour , Rachel lave et sèche une partie de notre linge , olivier accepte les ânes dans leur propre jardin !

On dort bien , malgré la pluie , et le feu nous réchauffe , ainsi que le contact avec une autre voisine

qui nous offre brioche et café le matin ainsi que un petit pull pour Nour , elle nous aurait donné sa chemise je pense. Elle m 'a dit c 'est marrant je tutoie tout le monde et vous je vous vouvoie , peut être par respect . C est bien la premier fois qu'on me dit ça !

Bon départ vers commequier , bonne ambiance de village à notre dame de riez , on arrive par des chemins de traverse , avec un passage à la fin obligatoire par une départementale , et là c'est horrible, hyper dangereux. J 'arrive complètement effrayés chez Guy et Dominique.

Ici j 'ai pu refaire le marché à commequier ( il fallait jouer par dessus les hauts parleurs de la mairie qui diffusaient des radios de merde ..) , et avoir un magnifique échange avec une dame qui m 'a donné dix euros en me disant «  ce n'est pas beaucoup , ma fille avait votre age et je l 'ai perdu »

j'en ai encore les larmes aux yeux .

Guy nous aide à rectifier le parage , on mange des frites une fois , et je chante en faisant les sacoches pendant que Nour rigole .

Je vais me coucher demain ça va être dur le début , on doit encore suivre cette foutue départementale pendant un kilomètre . Les champs sont coupés de barbelés et plus personne ne marche .


De Comméquiers à Martinet

Partis de Comméquiers vers apremont , on avance pas si mal , et sur des pistes paumées , entre quelques demeures seigneuriales à l'histoire obscures et grosses fermes survivantes ;

très beau apremont , et son lac où les gens vont insouciants célébrer la pentecôte et le soleil revenu , pas pour longtemps , après s'être fait jeter par le patron de la pizzeria on rencontre de belles personnes de nos ages qui nous trouvent un champ pour les ânes , merci à valerie et jc , Olivier rencontre aussi Yvo et Jeni qui nous invitent chez eux à Coex. [ Les filles de Valérie et Jc sont enthousiastes de les conduire jusqu'à leur champ, je les laisse faire car elles connaissent les chevaux, mais des motards effraient Bambou qui se met à courir, suivie de Gaspard! Les voitures s'arrêtent heureusement, mais la course est folle, quel galop au milieu du trafic! ils s'arrêtent devant le champ et le poney et le cheval qui les attendent, mais une des filles, la plus grande,  se précipite vers eux, et à nouveau ils prennent peur, alors je cours sur l'autre trottoir et les rattrape enfin au carrefour suivant où ils s'arrêtent pour regarder les vaches. Ouf, nous revenons au champ et là le poney et le cheval les coursent comme dans un manège de fête foraine, les deux ânes toujours collés au galop, le petit poney blanc et le cheval bai collés eux aussi avec le poney, joueur, qui se cabre et bondit. Le lieu est magnifique, au bord de la Vie, nos ânes passent la nuit au Château, merci à la propriétaire que malheureusement nous ne croiserons pas.

nuit au chateau

Le lendemain à Coex, nous passons une super soirée avec yvonic ,jenifer et kelhia leur petite fille de deux ans avec qui Nour joue , ils mettent les ânes dans leur jardin et on mange des grillades , ça nous fait chaud au coeur cette rencontre. Yvonic va même jusqu a faire dix bornes en moto pour retrouver cure pied et bonnets égarés( du à un essai infructueux de changement de rôle dans la répartition des taches …).

nour et Kelhya

Nour s'est fait une amie

jeny

chez nos supers hôtes à Coex!

Le lendemain on marche , par le lac de Launay magnifique (pose bucolique, Olivier se baigne) puis st julien des landes ( pas mécontents de ne faire que passer , car on s'y fait jeter par mairie , camping et presque habitants!!), puis on arrive à la thibaudiere , endroit qu'on nous avait conseillés , il est six heures , la femme qui tient cette ferme n'est pas là , les ânes ont peur des alpaguas , caro les retient tant bien que mal avec la petite sous le bras , épuisés on s'installe quand même près des yourtes . on vient de faire un jour de pause pluvieux , Nour est un peu chiffonnée, dents ou oreilles , on doit surveiller ça.

de Martinet au tablier:

au Tablier repos forcé chez Bruno et isabelle à "la balançoire" , on attend l 'ostéopathe pour bambou qui a un souci à un de ses antérieurs; mais c est pas si mal ,  ils sont supers sympa , Bruno faite de l 'attelage et isabelle du shiatsu , on est tombés juste sur une petite fête où olivier a pu faire le clown et moi quelques chansons , en plus j 'ai accumulé pas mal de fatigue alors se poser et boire des tisanes de sureau fait plutôt du bien , surtout vu le temps automnale du week-end ! de martinet à ici , on a eu la visite de caro aurel et des flics , on a pu laisser nos ânes dans un parc d'une école à st flaive des loups (grand succès des ânes avec 150 enfants!) http://steflaivedesloups-lenvol.fr/2016/05/23/des-anes-a-lecole/ , rencontré une jeune fille qui a fait quelques kilomètres avec nous , se faire rincer , faire halte non  loin d'une ferme laitière , avoir peur de l 'orage  et arriver contents ) 

sainte flève

Dans le Bocage Vendéen (du Tablier à la Réorthe)

On est à l 'aube de juin et c 'est l'alerte orange sur nos gueules.

Une tentation diffuse : prendre un van vers la gréce et fini ce délire, cheminer dans le sec sous des cieux cléments, dans l'hospitalité naturelle où les aubergines rougissent tranquillement.

Mais non, et heureusement dans notre malheur, des adjuvants précieux. Bruno et isabelle chez qui on a passé une semaine au tablier. Bruno a déjà voyagé longtemps avec son ânesse ocarina, il nous a accueilli royalement, isabelle fait du shiatsu et Nour était tranquille dans ses bras, leur fille adoptive Laura est une ado super épanouie et joviale. On pensera bien à eux . 

(Le Tablier est dans la vallée de l'Yon, c'est un endroit vivant et accueillant, on participe à la fête de Printemps organisée par le Bidule, chansons de Caro et clowneries d'Olivius qui saute sur les tables)

Le couple nous a accompagné quelques heures , le rythme de marche était décuplé , par le repos des ânes et la présence d'ocarina . On est arrivé tôt chez leurs amis , Éric et son épouse .

De super personnes aussi , qui accueillent en plus de leurs jeunes ados d'enfant un réfugié bengali couturier . Eric a tout un tas de matériel super pratique pour la rando , poil à bois miniature , de quoi chauffer une gamelle avec quelques plaques de fer , des sacs en jute pour l 'eau des ânes etc , et fait une formation pour accompagner des groupes en rando avec des animaux , sa femme est éduc.

On a bien joué de la guitare ensemble le soir et on est partis trop vite le matin , mais il faisait lourd et orageux. Ça n 'a pas loupé , ça a craqué à bournezeau , juste le temps de se mettre sous un abri du camping fermé , de placer les ânes dans un prés avec des moutons ( merci à Toni) de se réfugier dans la café du village qui s'inondait ( merci aux gars du café et pour leur gentillesse , pour la vie qu'ils créent à bournezeau ) .

Des enfants , la petite Andréa , Steven , sa sœur amandine se sont fait une joie de nous accompagner dans nos déboires ; surtout Steven qui ne nous lâchait plus , faisait rire Nour et voulait partir avec nous, dormir sous la tente , s'occuper des ânes …

C'était touchant , lui et sa sœur nous ont dit , ici , ils n 'y a que les bretons et les réunionnais qui sont sympas avec nous … et visiblement aussi le serveur algérien du café qui a payé sa pizza du soir .

C'est vrai que certaines réflexions me restent en travers de la gorge , genre une maire de famille un peu catho de droite «  vous voyez les enfants , ce n 'est pas parce que ces gens ne sont pas comme nous qu'on ne peut pas leur parler ! » ou bien «  et quelle est votre source de revenue ? »  ou bien «  passe encore pour vous ,, mais faire subir ça une petite ... » … bref le matin du dimanche , sous notre abri de fortune , c est le déluge dehors , et prévu pour toute la journée , alerte orange on nous dit , la nuit précédente des arbres sont tombés , des rivières ont débordées , dérèglement climatique ? Olivier se sentirait de reprendre le GR , pas moi , avec Nour .

D'ailleurs ça commence à m 'énerver d'avoir le rôle de mère inquiète et lui de père trop confiant pour contrebalancer . Je me rapatrie avec la petite dans un café ouvert , les gens se plaignent du temps , ça m 'agace , ils connaissent notre situation , personne ne propose de nous ouvrir une grange . Je téléphone en désespoir de cause à Bernard et Françoise , les gens de la reorthe chez qui on est sensé aller le soir . Sentant mon désespoir ils se proposent de nous venir en aide , avec un van !

Les ânes y montent sans problème aidés par les enfants , et le couple , d ancien cavalier et meneurs de compétition nous ouvrent leur véranda . C'est de là que je vous écris , il y a tant d'histoires de vie , de portraits clairs obscurs , de vie humaines lumineuses et déchirées …

gerard et francoise

Françoise et Gérard de Féole (la Réorthe)

et ce vieux voisin d’Éric , mort il y a un mois qui a planté une forêt pour ne pas que sa ferme parte aux pourris , qui connaissait des histoires , et surtout des histoires d'amour ,qu'il a conté à une conteuse itinérante avant de rejoindre sa femme dans les étoiles ..

on les oublie , c'est pour ça qu'il faut écrire ;

Je suis découragée du voyage , gênée d’être chez les gens . J'ai peur d 'être un poids . Je m'inquiète pour les pieds de bambou . Pour moi il faudrait mettre de la graisse au laurier et du goudron de Norvège , ça fait un mois que je dis ça . Je ne crois pas au parage naturel pour elle ;

Seules les rencontres avec de belles personnes peuvent me remonter . L 'allaitement me pompe aussi sacrément , et cette foutue pluie … à suivre



Charente, Limousin de Bioussac à Saint Astier

de Bioussac à Rémazière

Après une semaine chez Galienne et Nicolas au Cheval Bavard à manger de bons légumes bio de la Ferme du Mas et admirer les adorables et sublimes étalons, sans oublier les poules et les canards, etc... nous sommes partis vers Champagne mouton. Il fait beau, le petit chemin blanc est magnifique, les ânes marchent d'un pas sur et léger. Nous passons par Moutardon, passons par un joli bois puis nous nous arrêtons dans un petit hameau. Là vient à nous jean Michel "steak" qui nous invite aussi sec à boire un thé au jasmin et mettre les ânes dans un pré plus riche. Caro joue de la guitare, jean mi nous fait du johny cash, super rencontre ☺ Plus tard on le reverra au marché de Champagne mouton et il nous propose de construire notre future mini roulotte.
A Champagne mouton on est accueilli par Marie et Jean jacques. Bambou casse un pot de fleur... mauvais signe.... On la met dans un pré à coté de leur tout jeune âne... qui se révèle très vite être un étalon très mature qui passe sous le fil électrique et poursuit la pauvre Bambou! Olivier les sépare in extrémis, Gaspard est extrêmement contrarié par toute cette affaire. Finalement Caro trouve ailleurs dans le bourg un superbe champ pour que nos ânes retrouvent leurs esprits, chez les très sympathiques Chevaliers.  Nous campons dans le parc de nos premiers hôtes, jean jacques nous offre du bon fromage blanc. Le lendemain Caro chante au marché de
Champagne mouton. Nour a fait son premier pas.
L'après midi Jean mi conduit Caro et Nour à saint Laurent de Céris car elle craint un orage annoncé. Olivier traverse très lentement avec les ânes la campagne. Il croise une inauguration des éoliennes, qui ont détruit un joli chemin blanc on versant sur la route des tonnes de graviers qui abîment les pieds des ânes. Il rejoint Caro et Nour chez Philippe, producteur de fromages de chèvres bio.  Il n'a pas de pré fermé, alors nous décidons de les laisser chez ses voisins qui nous reçoivent très bien, ce sont des frères et leurs familles, qui ont un élevage en biodynamie. Belle discussion avec eux le lendemain matin pour un petit déjeuner copieux. Puis nous partons vers Tarlot (negret). On se perd près de la nouvelle nationale, qu'on est obligé de suivre sur 500 m en se faisant klaxonner. Il faut dire que notre carte Ign date d'avant sa construction. A
Negret rencontre avec un couple de petits vieux charentais amoureux. Les ânes sont mis avec un petit troupeau de moutons. Bambou s'amuse a les poursuivre, les pauvres petits moutons se réfugient dans leur toute petite étable. Des vaches essaient de faire peur aux ânes d'un autre champ, mais nos ânes se sentent les plus fort. Ils faisaient moins les fiers poursuivis par le grand ânon étalon de 2 ans!

tarlot

Le lendemain nous partons au petit matin pour Roumazière. Les ânes sont très lents et le temps se couvre. La traversée de Roumazière est interminable, nous arrivons à la fin du marché couvert, le charcutier nous offre du jambon et du saucisson. La pluie tombe, nous nous réfugions au terrain des boulistes sous un porche.

L'aventure a trois kilomètres heures

on est partis ce matin de notre abri de fortune bien utile, le snack des pétanquiers de roumazieres, derrière le cimetière . Il a flotte toute la nuit , même si on avait voulu s’arrêter pour une pause dans cette charmante bourgade super hospitalière … cela n'aurait pas été possible, la mairie nous renvoi vers le 115 et personne ne veut de nos ânes dans un pré. Bref on repart , le linge sec grâce à la laverie , la belle foret nous protège de la bruine et les ânes marchent bien , bambou a l'air de bien aimer le goudron de Norvège. L'humidité est partout , et les pauvres pieds de l’ânesse sont trop mous et les gravillons s'incrustent vite.

Tout aurait pu aller tranquillement sur le gentil GR 48 retrouvé mais non, troupeau de vaches en furie des deux cotés, qui semblent vouloir courser les ânes, il faut affronter une belle descente où d'autres dévalent la pente et là on arrive juste à une rivière et un pont digne des films de tarzan, derrière nous les vaches, devant nous la flotte, le pont et encore derrière les chiens de ferme féroces qui nous attendent au sommet de la cote, inutile de préciser que, bien que s'étant un peu engagés dans la rivière, avec nos sacoches sur leurs dos, quels cons on fait, les ânes bloquent, on risque de tout perdre!  On insiste un peu , mais ce n'est pas la peine on rebrousse chemin , la petite se réveille et a faim, la pluie revient on dirait, on va en haut il y a une maison avec la télé allumée, et là, joie, des petits vieux charmants, l'ancien maire de la commune de Suris et sa femme branchée sous oxygène, qui nous reçoivent au sec à leur table et nous invitent à rester dans la grange, si le temps ne s'arrange pas ...et nous y voilà, car non le temps est assez maussade...

foin

puis nous reprenons le chemin au matin , il est évidement détrempé mais très beau , jalonné de cèpes et de fraises des bois, la pluie nous ménage le matin, heureusement car les ânes sont très très lents, ils ont  vraiment besoin d'une pause et les fourmilières de bambou ne s'arrangent pas sur des terrains détrempés.
Nour se réveille juste à st Quentin sur Charente , belle intuition car on peut faire une super pause chez francoise et jean pierre qui dressent pour notre pique nique une table et nous offrent café , fraises œufs et chaleur : ils sont avec Nour comme avec leurs petits enfants et lui offre en partant un petit poupon créole ! 

francoisejean pierrenour dans le porte bébé

mais la pluie reprend et on a pas bien mis le porte bébé , on doit le remettre sous les trombes d 'eau pour que la petite reste au sec  après la pluie une éclaircie nous sèche et nous permet d'arriver un peu plus dignement au centre équestre de Pressignac où on est accueillis , alors bonne nuit !

Quelle aventure mais ça y est on est à saint Astier en Dordogne

J'écris confortablement installé au château de Puy-ferrat, près de Saint Astier, qui a été le but de mon périple en solitaire avec Gaspard et Bambou. C'est ici que je vais retrouver Caro et petite Nour.

Je ne sais pas comment retranscrire cette impression d'avoir vécu quelque chose à la fois de difficile, éprouvant et d'heureux, bref une petite aventure avec mes deux ânes, guidé par le dieu des voyageurs.

Je suis parti en fin  de  matinée,  après avoir tout rangé, nettoyé dans  le bungalow  prêté  par  François du  centre  équestre de Pressignac. C'était tellement heureux d'avoir pu y rester pendant la pluie  incessante. Caro et Nour sont parti avec une maman anglaise rencontrée au Snack  voisin (le soleil couchant). Avant de partir, je cherche ma carte mais impossible de la trouver, je refais plusieurs fois les sacoches, refais le tour du bungalow ... et je me souviens que c'est Caro qui l'avait dans son étui de guitare! Enfin je pars, je prends par la Chassagne (parc naturel du Périgord limousin) j'arrive dans un premier hameau, et là des femmes sortent d'une maison et me demandent si nous avons besoin de quelque chose, les ânes boivent un peu d'eau et  moi  un  petit café.  Je discute  avec  une  vieille dame  de  90  ans  et  je rencontre  une ânière qui vit dans  le  même  hameau  avec  sa  compagne.  La vieille dame me  parle de  la vie ancienne, des bals  a Videix, de  tout  ce qui  a  disparu......  Je traverse des  bourgs souvent déserts mais quand je croise des gens, ils sont souvent aimables et souriants. J'arrive à Vayres, la boutique est encore ouverte. Le patron tient les ânes dans la rue et un attroupement se forme. La boutiquière, généreuse m'offre toutes sortes de choses en plus de mes achats, et j'ai de quoi nourrir un régiment. Je demande si quelqu'un peut garder mes ânes dans un pré fermé et c'est une dame qui accepte de les mettre dans son jardin, c'est Josiane. Les ânes font des bêtises sans arrêts, ils taillent les rosiers, cassent les pots, je suis très gêné mais notre hôtesse le prend bien, en mémoire de son mari, qui selon elle aurait fait autant qu'elle. Belles discussions autour d'une blanquette de veau à la crème (offerte par la boutique). Dehors il y a une fête organisée par l'asso de foot locale, j'y danse un peu mais j'ai besoin de dormir après ma journée de marche. Ma tente est dans le petit jardin d’où j'entends toute la fête et les cris, ainsi que les milles facéties des ânes, bref je ne dors pas.

 vayres

Le lendemain, à demi endormi, même si j'ai eu droit à un super petit déjeuner chez Josiane, je pars a Oradour sur Vayres pour y acheter une carte. Mais celle que je trouve est une carte routière peu détaillée, je continue quand même Pique nique à l'ancienne gare, puis le gr. Par de petits chemins où les ânes suivent très bien à la queue leu leu j'arrive à Cussac. Je vois une jument et deux ânes, demande pour un pré, mais "pied troué" (j'apprendrai ensuite qu'il s'appelle ainsi car il s'est tiré une balle dans le pied au cours d'une partie de chasse) ne peut pas et ne voit pas qui pourrait m'aider. Lui et sa femme semblent très soulagés de me voir partir. Je demande plus loin a des boulistes qui me disent que plus loin il y aurait quelqu'un "comme moi" qui pourrait sûrement m'aider. Je vais dans cette direction mais je sens que les ânes commencent à peiner. Au moment où je me résigne a aller sur le stade de foot, une voiture s’arrête et c'est justement la personne dont les boulistes parlaient, c'est Franck qui m'invitent aussitôt chez lui. Je continue, je suis fatigué par la nuit blanche de la veille, et les ânes n'en peuvent plus, le dernier bout de route semble interminable. Finalement je trouve le chemin forestier, descend dans la foret.... C'est une maison construite dans les bois, près d'un étang, je m'y sens bien. Je pars me laver au lavoir quand je m’aperçois que les ânes ont disparus! ils sont sur la route. Un homme en 4x4 essaie de les rattraper et c'est le rodéo, les ânes nous échappent comme des anguilles sous l'eau, finalement ils vont se mettre d'eux même dans un enclos que je ferme aussitôt. Je retourne au lavoir me laver, revient et ils sont redevenus sages et viennent vers moi. Je les remets dans leur enclos dans la foret et nous festoyons avec Franck, une amie Clo et une jeune ado dont Franck a la garde pour quelques jours. C'est une joyeuse assemblée  au milieu de la foret.

maison dans la foret


 Je dors près de l'étang comme une souche, me réveille tard et discute avec Franck, je ne repars qu'à 12h40.... 

etang

Je suis les gr en suivant le marquage, ce qui me fait faire une boucle tout a fait inutile. Le gr 654, le chemin de Compostelle commençait tout près du lavoir où je m'était lavé et que je retrouve, désespéré après une longue boucle. Mais bon, je suis enfin sur me Camino, et je profite de ces vieux chemins bordés d'arbre, aux pierres polies par les pèlerins....
Arrivé dans un hameau, à nouveau je perds les signes. Je demande a un Anglais qui me conseille de demander à ses voisins, un aimable couple de retraité (c'est pour lui son premier jour de retraite!) qui m'offrent de m'installer dans leur jardin où les ânes ont même un petit abri.  Ils ont aussi de la paille, m'apporte de l'eau, juste avant qu'ils partent retrouver leurs enfants. C'est juste parfait et je commence à croire qu'il y a un dieu des voyageurs, car sitôt qu'il faut que je m’arrête, quand les ânes le demandent, une occasion providentielle se présente à nous.

copain

Je savoure l'huile de noix offerte par le monsieur du Moulin du Sablon, entre Saint Front et Quinsac, avec un thé au jasmin offert par Jean mi le charentais. C'est délicieux.
Mes 3 dernières journées étaient des moments d'aventure, épuisants mais riches d'expérience. Avec mes 2 ânes je suis parti du jardin des retraités (près de Dournazac) D'abord les chemins étaient très beaux, j'ai trouvé la formule avec les ânes: je tiens Bambou devant, et lâche Gaspard qui nous suit à sa manière. De cette façon on marche assez bien, parfois même à grand pas. Tout se passe bien et je me dis qu'en suivant ainsi, en puriste, le camino, je vais aller assez vite, bref je commence à me vanter de ma bonne marche quand je me retrouve bloqué par un gué. Il y a un petit pont sur le coté mais très étroit. Je tente de faire passer Bambou en première, Gaspard nous rejoindra. J'y arrive, mais quelle histoire, j'ai du utiliser la grande  corde, appâter avec mon muesli, et user de beaucoup de patience. Je remets les sacoches, les chaussures et poursuit le chemin. Tout cela m'a pris du temps, mais je n'ai pas le choix car je n'ai aucune carte, je n'ai aucune idée où je suis car nous n'avons traversé aucun grand village qui pourrait apparaître sur ma carte routière.... Je continue dans des chemins de plus cabossés et  meurtris par la pluie, les motos cross, les quads, les tracteurs. Et là, un autre ruisseau, pire que le précédent, il s'enfonce jusqu'au genoux, avec de la vase où les pieds s'enfoncent, on ne voit pas l'autre rive, et le pont, très étroit est élevé d'une grosse marche, suivi de barbelé.... Je tente tout ce que je peux avec Bambou, j'y perd une bonne partie de mon muesli, mais rien à faire, elle a trop peur. Alors je tente avec Gaspard en lui expliquant l'enjeu, nous n'avons pas le choix. Et il passe le pont! Bambou est tiraillée entre le désir de rejoindre Gaspard et sa peur. Impossible pour elle de prendre le pont, alors je tente le ruisseau, et enfin, elle arrive à le passer!  Tout cela m'a pris énormément de temps et d'énergie, je pense que je suis en Dordogne, après ces longs chemins dans la forets, mais quand enfin j'en sort, je suis encore dans le Limousin, à Pensol, seulement à 10km de Cussac..... J'ai envie de continuer, par fierté, mais il est tard et Gaspard m’arrête devant des prés. Il y a de beaux chevaux, pourquoi ne pas demander? Je suis reçu par de tous jeunes mariés, qui trouvent tout de suite ce qu'il faut pour les ânes et m'invitent à leur table.
Je dois retrouver Caro et Nour a Saint Astier le dimanche, il ne me reste plus que quelques jours, je vais devoir aller très vite. J'imprime alors des cartes chez mes hôtes, et me décide à couper par les routes s'il le faut, et faire plus de 20 km par jours. Il commence à faire chaud, alors à  partir du lendemain, tous les jours je me lève vers 5h30, 6h  pars 2 h après, pause de midi à  4 puis à nouveau 3 h de marche, comme un marathon. 

limousin

Je fais la pause près du lac de Saint Saud, puis après Saint Saud, à nouveau grâce a Gaspard, m’arrête chez une écuyère dont l'lrish Cob est champion de France (la famille Reix) elle comble mes ânes de nourritures et de vitamines. Elle remarque aussi le matin que Gaspard est bien parti pour faire un ânon à Bambou.... Le soir suivant je me trompe et suit la voie verte qui m'éloigne, je tire quand même à la boussole et en demandant à droite et à gauche pour aller jusqu'à Quinsac, au moulin du Sablon où le vieux boulanger m'offre sa précieuse huile de noix. Puis de là, en suivant les conseils du vieil homme, je coupe la campagne jusqu'à Brantome où je m’arrête pour la pose de midi, nous nous arrêtons chez Joy et Antoine a Veneuil qui fête la saint jean. Gaspard et Bambou se font des amis: excellenca, famas, bulle et le vieux papito. De là nous marchons jusqu'au dessus de périgueux. Gaspard s’arrête près d'un champ, je tourne la tête et vois une maison isolé, je toque à la porte, un monsieur me reçoit, c'est Bernard, qui m'offre de manger avec lui, dormir dans un grand lit avec une couette et de prendre une douche, quand les ânes sont dans un enclos bien grillagé. Je récupère ainsi, et trouve la force d'aller le lendemain jusque saint Astier.



bisou dans la foret


Dordogne, Lot, de Saint Astier à Parisot

De Saint Astier à Lacapelle Biron, la traversée de la Dordogne

A saint astier rencontre d'un clown qui y fabrique des objets en bois, il offre à Nour un bol en bois de Tilleul. La sortie de st astier a été difficile, passer le pont surtout sous la chaleur de neuf heures du matin avec les automobilistes pressés et pas de bas coté. On a du aussi subir les fantaisies du chemin de st jacques qui nous fait déboucher sur un rond point où tout le monde arrive pleine balle, on passe un pont sous la route aux grandes flaques d'eau qui ne font plus peur à nos ânes, bref on avait bien mérites d'arriver à jaure, sur le super terrain communal ou trône le tilleul à danser et ou sont déjà installés un père irlandais et ses deux enfants qui louent à pascal aviles une roulotte pour les vacances , pascal les mène chaque jour à un endroit différent . On passe une bonne soirée , Nour s'amuse dans la roulotte avec la petite fille et les ânes tiennent compagnie à la jument. 

jaure

On quitte ce village accueillant pour le voyageur pour villamblar. Là , devant l'épicerie on est abordés par un drôle de couple de médecin qui veulent absolument nous offrir le resto du midi .

On accepte bien que la femme soit très intrusive et encourage son gentil marin à nous photographier dans des moments intimes comme pendant l'allaitement , elle me saoule. Elle veut absolument que je joue au resto le samedi , et ce en forçant la main à la tenancière, bref , le repas est lourd et je m'en veux d'avoir accepté . En plus pendant la pause les ânes plein de mouches se sont emmêlés , on part sous la chaleur sur la route goudronnée.

C'est à ce moment là qu'on rencontre jacques en vélo , un guitariste qui nous accompagne sur le sentier perdu qu'il ne connaissait pas , et nous invite chez lui, près de montagnac, nous proposant une caravane.

chez jacques

On peut se baigner dans un lac dans la foret et le soir on échange quelques compos.

Jacques a choisi une vie sans contraintes familiales , il a laissé ses enfants à leur mère qui, selon lui ravie, s'y retrouve aussi. Son angoisse c'est que près de chez lui,un couple s'installe avec trois chiens et deux gosses ! En tous les cas merci Jacques pour la caravane, on y dort bien et ça rappelle des souvenirs (la caravane aux roches blanches à douarnenez...) On part de Montagnac bien décidés de quitter le chemin de Compostelle pour aller plus à l'est, mais on se perd dans des routes sans aucune indication de lieux, et on retrouve malgré nous un autre chemin de Compostelle (le chemin de Vezelay). On est pas loin d'y voir un signe du Dieu des voyageurs et on suit ce chemin qui nous amène à Campsegret. Là nous trouvons un camping au bord de la N21 simple et bon marché, nous décidons de nous y poser. Les fermiers qui gèrent ce camping nous propose un champ avec un bel abri pour les ânes, dans lequel enfin ils ne seront pas attachés avec la corde et les filins d'acier, c'est parfait. Le lendemain on part avec Yvo dans sa voiture à Bergerac. Yvo est un belge devenu saisonnier, il est au camping à la recherche d'un emploi dans les vignes, très agréable et ouvert, malgré le fait que son équipe ait perdu le soir même. A Bergerac il pleut pour le marché mais Caro arrive à jouer juste avant la fin, avec une spectatrice qui reste à discuter avec nous. Dans les rues piétonne, la statue de Cyrano inspire le clown Olivius, et c'est parti pour une impro de clown où il gagne le surnom donné par les enfants de Monsieur Bêtise. On galère pour revenir en stop avec le bébé, les courses, les instruments de musique. Heureusement un jeune automobiliste qui vient d'avoir son permis nous amène par les petites routes à Campsegret. Le soir, après avoir mangé avec yvo, je découvre que les ânes ont disparus. Mais quelqu'un du village nous les ramène aussitôt alors qu'ils s'étaient mis sur la route à un virage dangereux. On doit les attacher de nouveaux...

On part le lendemain, Yvo nous suit sur un petit bout de chemin.


On  traverse cette terrible nationale jonchée de voitures de flic vers la route qui s'enfonce dans les bois. ivo nous accompagne quelques kilomètres , il a envie de trouver d'autres silex qui sont cachés dans les caffieres d'ici. L'étape est assez longue aujourd hui, je ne me souviens plus combien de sentiers sauvages , accidentés, de pistes gravillonées et de routes , entre des villages deserts et de fantomatiques demeures seigneuriales mais on arrive a st marcel du perigord, petit bled, il y a une belle église, et un terrain communal avec en contrebas un ruisseau frais, on laisse les anes aux longues cordes pour la nuit, et on s'endort bercés par le son lointain d'un piano jazz d'une des maisons d'à coté.

le drame à ce que nous dit le maire c'est que la bucolique petite cabine pres de l'église, où je reverais d'une conversation adolescente avec je ne sais quelle amie disponible , cette cabine va aussi etre enlevèe. L’étape est assez longue aujourd’hui, je ne me souviens plus combien de sentiers sauvages , accidentés, de pistes gravillonnées et de routes , entre des villages déserts et de fantomatiques demeures seigneuriales mais on arrive a st Marcel du Périgord, petit bled, il y a une belle église, et un terrain communal avec en contrebas un ruisseau frais, on laisse les ânes aux longues cordes pour la nuit, et on s'endort bercés par le son lointain d'un piano jazz d'une des maisons d'à coté. le drame à ce que nous dit le maire c'est que la bucolique petite cabine près de l'église, où je rêverais d'une conversation adolescente avec je ne sais quelle amie disponible , cette cabine va aussi être enlevée. Règne du portable , du SMS, du pas le temps,on repart de bon matin a
tremolat. je ne sais pas pourquoi, c'est olivier qui prépare les ânes le matin et moi qui m'occupe de la finition des sacoches et de Nour cette répartition archaïque devrait me peser, mais là elle me soulage. je n'arrive pas a me concentrer sur les ânes quand Nour m'appelle et je préfère être avec elle a ce moment là j'ai encore le bide en vrac, l'angoisse est latente et j'aimerais mieux la gérer, mais le deuxième cerveau parle, l'animal en déplacement avec sa progéniture new se sent pas en totale confiance , bref on a encore très chaud sur la route, et on ne reve que d'un bain dans la Dordogne, . l’arrivée a tremolat est grandiose de la colline, je suis seule avec les deux ânes, olivier fait boire la petite derrière, on surplombe la Dordogne et le village.
au final on traverse ce bled touristique et un peu trop chic, et on croise aurore , une jeune femme près de sa boite aux lettre. elle nous indique un pré communal , derrière chez elle, chance et connexion du voyageur, les voisins sont gentils et nous donnent de l'eau et des courgettes.
Caro joue le lendemain au petit marché avec les ânes sur la pelouse. Le soir elle veut "faire les terrasses". En fait avec aurore, ses enfants lénie et iléa,et ses amis, on passe un bon moment d'échange musical à la terrasse de la pizzeria. Mais Caro ne veut pas se dégonfler, elle fait une terrasse d'un café puis de la pizzeria dans une certaine indifférence qui lui plombe un peu le moral....  Il faut dire que les vacanciers sont tous Anglais et que Caro veut chanter ses compos en français. Mais le plus terrible c'est que le chapeau est plus rempli que pendant les marchés....
Le lendemain on traverse la Dordogne sur un pont étroit, avant d'arriver à la départementale suivante on croise un homme qui nous offre de l'orge et nous décrit par où passer. On suit un chemin qui longe la route, et là où Olivier a compris qu'il fallait passer, on traverse la route a un virage très très dangereux. Mais le chemin en face mène en fait à un champ. Crise entre nous, nous devons retraverser la route au virage. Une voiture déboule juste au moment du passage. On a risqué déjà deux fois la vie de l'équipage.... On cherche encore, un fermier nous accompagne pour éviter son gros chien, il nous indique une route, et à nouveau nous devons longer cette route où les voiture foncent dans les virages. On suit un chemin qui semble la longer et on arrive à Calès. A nouveau des gens nous expliquent, longuement, mais nous décidons de nous poser pour midi  et Olivier part en éclaireur. Il trouve enfin le petit chemin caché qui traverse la départementale. Nous la traversons la peur au ventre, puis direction
Molière. En arrivant à Molière, on croise des gens souriants, un artiste nous trouve beaux, en par une sorte de hasard on rencontre Hubert, un fermier qui nous propose de mettre nos ânes dans un vaste champ à vaches. Une vieille dame nous donne de l'eau et nous rencontrons Rodolphe, Ariel qui est potière et leur petite fille qui nous ouvre leur jardin et leur petit trou d'eau pour se baigner, et finalement avec qui on mange et on échange.
Le lendemain, Caro fait de la musique au marché de Lalinde et y rencontre nos amis de Trémolat et leur enfants qui viennent pique-niquer avec nous à Molière. Le soir avec Hubert et sa femme, on boit un vin de noix, ils sont accueillants et ouverts, Hubert se souvient d'une pièce de Molière à Molières où Olivier a joué il y a 15 ans... On quitte Molière qu'on a bien aimé,  et qu'on aimerait revoir, peut être pour son festival de théâtre chaque septembre... On retrouve le chemin de Compostelle par Vezelay, pause à
Saint Avit Senieur.


les anes en seigneurs
 le soir on espère se pauser près de la rivière avant sainte croix, mais on est rejeté rudement par un australien qui la considère sienne. On est alors accueilli par Alain qui vit seul en rénovant une grande ferme, il vient du nord, et il est sympa comme souvent les gens du nord. On partage avec lui de délicieux morceaux de canards, il met les ânes dans un grand enclos à chèvre, et nous dormons près d'un ancien lavoir où une source nous abreuve.
De là on suit le gr 36 jusqu'à Montpazier. En fait on loupe le chemin, et un peu perdus on demande à la première maison et on rencontre des gens généreux qui nous prête leur pré à mouton pour les ânes et nous offre de pauser notre tente dans leur jardin. Belle rencontre à nouveau avec les Giraudy. Le hasard sème sur la route.
On suit le gr 36, pause à l'écurie du château de Biron, on quitte la Dordogne pour le Lot et Garonne, arrivée a Lacapelle Biron. On campe près de la Lède, où on se baigne au milieu de la menthe. Puis on reste quelques jours au gîte communal car les ânes sont dans un pré avec deux chèvres grâce à Robert et sa femme Béatrice. Olivier fait le clown au petit marché gourmand du lundi soir entre des danses flamenco.

nour jours de pause à Lacapelle

 
De Lacapelle Biron à Vaylats, la traversée du Lot

Nous restons plusieurs jours à Lacapelle dans le gîte communal, d'abord pour participer au marché gourmand, ou olivier fait le clown entre des sets de sevillianas des danseuses d une pena du village. et  puis pour que Caro se repose de ses allergies, puis parce que Nour a attrapé une angine. C'est l'occasion de rencontrer Véronique et Jean François, les supers voisins du gîte, avec qui on mange, on discute, et qui nous rendent de nombreux services. Nour joue au football avec les garçons du village, et s’entraîne à  marcher de mieux en mieux.
De lacapelle, accompagné au départ par Véronique, on marche de façon très facile. on a prévu d'aller voir un spectacle appelé "âne que tal"  du Donkey Circus, au bled d'après,
st front de lemance. On y arrive super tôt, ce qui nous permet de rencontrer le comédien sa mule et ses deux ânes et de loger chez une famille de maraîchers supers sympas,qui ont aussi une ânesse et trois garçons super éveillés. On est tombé sur eux tout à fait au hasard après avoir bifurqué dans un petit chemin jaune et passer un petit gué. 

maraichers

le lendemain on repart sous la canicule annoncée. elle va durer trois jours, il nous faut donc trouver de l'eau et de l'ombre à tout prix. et partir plus tôt, humidifier constamment le tissu du porte bébé. pause devant chez une petite vieille,puis on galère en se perdant jusqu'au château de bonaguil le chemin semble s'allonger à chacun de nos pas. On quitte le lot et Garonne pour le département du Lot. Il me semble qu on s’arrête à
st martin de redon , sur le terrain d'une famille qui possède un ancien moulin. ils nous donnent une échelle pour descendre nous baigner a la rivière et on joue avec eux aux quilles le soir , on se marre bien car on gagne! .
la lendemain direction puy l’Évêque, courses à duravel , et là après la montée abrupte dans la pierraille on s'écroule à une heure dans un pré sans eau. heureusement qu'il y a une dame pas loin pour nous remplir le bidon car c'est la fournaise.
on décide de se séparer à cause de la canicule , je pars devant avec Nour pour  la mettre au frais, olivier galérera avec les ânes dans la montée qui n'en finit pas. rdv a
Puy l’Évêque, je fais escale dans un bistrot tenu par une mama décolorée du coin  et olivier me retrouve , la chaleur est telle qu on décide de se poser dans un endroit un peu minable , l'aire de jeu de l'autre cote du lot, avec à coté un circuit de moto et pas mal de moustiques. Miracle on dort pas si mal , et Nour peut jouer avec des enfants. mais au matin , vu la canicule qui augmente, on se dit qu il faut se mettre au bord de l'eau , hélas dans le coin il n y a qu' au camping, les gens anglais , parisiens et  riches propriétaires se sont appropriés la rivière.
heureusement le camping des vignes est chouette, on a un terrain au fond , plein d'herbe avec la clim naturelle de l'irrigation des mais (sans commentaires)  en tout cas on s'y sens vraiment bien , et le lot est apaisant .
le laborieux marché du  lendemain permet de financer les deux nuits, plein de familles viennent nous voir, dont des voyageurs à vélo.
on repart requinqués , il fait encore très chaud ,
.
en chemin on rencontre Thomas un jurassien sur la route , on décide de cheminer ensemble, on campe  ensemble au bord du lot, l'orage annoncé  ne vient pas. on peut voir un beau cours de tango sous le halles du village, ça enthousiasme Nour Thomas nous dit avoir trouvé dans ce mode de vie un vrai remède à une torpeur ancienne, il voyage depuis avril en sac a dos , a pied, prenant du recul avec la pression d'une société malade.
il nous a aidé d'un grand secours, surtout le lendemain ...

thomas

on s'engage vers
luzech , tout roule si bien qu on ne s’arrête même pas pour rencontrer au sommet une ânière qu on voit de loin seller son animal.
elle nous aurait sûrement dit que le chemin qu'on prenait nous envoyait au casse pipe...

lot

le denivellé est tel qu'il y a des passage avec des cordes, les ânes sont vaillants, mais c'est super dangereux en plus il y a une foule de promeneurs du dimanche dans l'autre sens.

Au pire des passage, une d'eux tente de forcer le passage alors que bambou allait s'engager contre la paroi. Du coup l’ânesse se retourne, elle est coincée entre Gaspard et le vide, je tente de la faire se retourner, mais le sol est friable et se dérobe sous ses jambes arrières, elle glisse, je ne peux pas la retenir. c'est horrible, elle tombe sur le dos, à trois mètre en dessous. on la croit paralysée, Thomas veut appeler les pompiers, je vais voir par les broussailles, miracle, elle se relève! on la sort de cet endroit à un mètre du ravin.
En fait elle n'a que des égratignures ! les tapis en mousse et les sacoches de vêtement et de couchage ont amorti le choc, elle est bien tombée. Thomas porte ses deux sacoches jusqu'en bas , on redescend le cœur battant , par des ....escaliers !! supers raides en plus, on se pose enfin près du lot, on trouve un près pour eux chez un dénommé Apton, un  gentil homme de cheval du coin , et on dort dans le gîte d'étape comme des cons, car ils annoncent de l'orage. ça nous permet de rencontrer des cyclistes, un jeune un ami de ses parents qui connaît bien le gars à qui on commande les licols a st Astier! le lendemain Thomas nous quitte pour un covoiturage à Cahors , et , surprise les ânes se sont barrés... Bambou à peine sur pied cherche l’âne entier d'à coté...

grâce a la gentillesse de la coiffeuse qui nous garde nos sacoches, la vétérinaire qui appelle ses connaissances, le cycliste en piste, on les retrouve, dans la cour d’Agnès et d’Alain et leur petite fille Louna au milieu des vignes ! d'eux mêmes ils sont allés vers nos prochaines rencontres.
Alain est natif des causses et Agnès non loin de fouesnant. ce sont des gens extrêmement hospitaliers, on mange avec eux, Nour est ravie de jouer avec Louna et Louna de s'occuper des ânes .

luzech

Ils vont récupérer nos sacoches en voiture , agnes m’amène faire les courses. on confectionne un nouveau pré pour les ânes . le ciel s'obscurcit, et l'orage annonce arrive...
ils nous accueillent chez eux , nous laissent même leur maison le soir car ils sont invités. ce qui me permet de lire  le récit de Christian Signol sur les paysans des causes, terre qui a bien changée.

Cette simplicité rare nous touche beaucoup. le lendemain ils nous accompagnent un peu , l'orage annoncé est passé . nous rejoignons  notre chemin , la route qui grimpe très fort , puis des résidences  très " françaises" avec toutes portail , chien , bagnoles blindées, piscine. Quel beau standard dans ce pays de brebis et de fermes en pierres blanches. luxe individualiste remplacant labeur partagé.
on longe de sales routes, puis le soir on a l'intuition d'une route vers une chapelle, il y a pas loin un drapeau rom. C'est dans le hameau de
Bourniguet que nous trouvons un pré pour les ânes qui appartient à deux frères à retraite. Ces amoureux des chevaux démentent leur réputation, ils sont ouverts et heureux de voir nos ânes en bonne santé. Les gens de ce hameau nous surprennent par leur gentillesse. Un couple de profs nous offrent un solide casse croûte, une voisine qui faisait une petite fête entre amis nous offre de la crème chantilly avec des fraises. Céline et Christophe nous invitent à manger avec eux, ils ont deux enfants, une fille coquette de 4 ans et le petit Maël de 7 ans, qui adore les animaux qui effraient, et cherche les gens qui ont "la lumière tout le temps en eux" . Céline (éducatrice qui s'intéresse à l'éducation sans violence) et Maël nous accompagnent le lendemain matin. On réussit à traverser une première départementale, puis en route dans le Quercy blanc, jusqu'à l'hospitalet. Pause près d'un cimetière. On y met les ânes qui n'apprécient pas et qui y font des bêtises. Il fait très chaud. On continue pour traverser la N20 , mais on rencontre des gens qui nous préviennent qu'on ne peut pas la traverser, on descend à Montat. Et à nouveau on ne peut pas traverser... Finalement on est obligé de descendre encore 5 km à un rond point.
Passé le rond point, on suit une voie ferré. On s’arrête pour donner une compote à Nour, et, au moment où olivier range la sacoche, un train passe à toute allure, les ânes prennent peur et partent au galop vers la nationale! Olivier ne lâche pas la bride et les dévie vers un champ en faisant un vol plané dans le fossé.
On remonte et on se pause dans le pré à vache de vieux paysans qui nous accueillent généreusement, avec eau  à volonté dans le tuyau. On repart le lendemain à l'aube, on traverse le désert des causses, avec ses murs de pierres et ses forets, jusqu'à
Vaylats.


vaylats



Le Tarn, de Parisot à Castans

L'Aveyron, les Gorges de l'Aveyron, puis le Tarn en descendant vers Albi

On est donc passés par le beau bled de Parisot où un super couple d'anglais nous a prêté un super jardin avec un génial abri en bois pour deux nuits, on y rencontre Nadia, son ami et leurs nombreux enfants qui jouent avec Nour sous les halles et je peux faire le petit marché qui a du mal à prendre mais finalement se passe bien , un musicien mexicain partage avec nous quelques airs tout en regrettant "qu'en France c'est le seul pays où on peut considérer la musique comme du bruit" . Les commerçants nous offrent même viande, paella et légumes . D'ailleurs le maraîcher est un ancien trompettiste de carrière , mais qui a perdu les graves et les aigus, il ne peux donc plus jouer et a du renoncer à la musique - personnage touchant. Nadia aussi d'ailleurs , elle a vécu longtemps en Algérie et la  convivialité des chants partagés lui manque. ils rêvent de partir sur les routes en famille, mais se pensent trop nombreux pour le faire maintenant.

parisot à Parisot

gaspard a parisot

Après Parisot il fait super chaud, on fait une énorme pause à  l'ombre et on accepte l'invitation de Bernadette et Daniel qui tiennent un petit camping au dessus de calomnier, qui nous décale de notre route mais ils ont l'air sympa , ils ont entendus parler de nous par un clown (qui dit ne plus l’être car devenu aigri...) rencontré sur le marché. On monte jusqu'au camping qui est un vaste terrain partagé par des roulottes et des bus voyageurs, avec une belle installation pour campeurs. On savoure la douche chaude, on sympathise avec la famille de campeur, Julie, gilles et leur petit gars et tous ensemble on dîne copieusement en partageant nos plats et notre vin. L'orage annoncé arrive et les éclairs tombent juste dans notre champ..on va faire le marché a st Antonin,  et on passe l'aprem dans une chouette guinguette. Les ânes rencontrent le beau troupeau d’ânes de Bernadette et Daniel, bambou fait un peu la folle, Gaspard est tranquille, et après un belle chevauchée, chaque troupeau vit sa vie séparément. Ensuite on rejoint l'Aveyron où on retrouve Géraldine, Pascale et Gabi, c'est superbe
.
géraldin pascal gabi
on fait une pause à Najac, Gabi monte sur Bambou, les anes sont au centre d'un troupeau de vaches, nous dormons dans une roulotte prétée par Roussel l'éleveur bio.

vaches

roulotte

le chemin ensuite devient plus périlleux, gaspard et bambou sautent des rochers près d'un précipice, puis nous descendons sur l'aveyron dans un chemin entièrement cailloteux

aveyron

mais caro arrive à convaincre gaspard de passer, et bambou suit plus agile. On a retiré les sacoches pour le passage, on est fier de nos anes. 

Puis on revient dans le Tarn et Garrone, on dort dans un jardin près d'un petit bras de l'aveyron en attachant les anes en corde longue. Il pleut et on confectionne un petit abri sous des joncs, a laguepie.

laguépie

On arrive à Cordes sur Ciel le lendemain , on trouve un pré pour les anes et je fais le marché le matin , ca marche assez bien . il y a une expo sur les indiens koguis tout en haut de la ville , ainsi que des sculptures méditatives en bois où on peut se réfugier , la ville est belle et nour aime la parcourir, monter et descendre les rues pavées..


cordes sur ciel
bambou à cordes sur ciel

 Le lendemain on suit de nouveau  la route vers Salles et on tombe  à la fin d'un petit bal occitan , ils nous invitent à boire un coup et on a droit à quelques airs de musique du coin , "l'ane devenu fou" et "se canto" ..

salles

j ai chopé un livre de chant occitan , j'espère trouver des gens pour m'en chanter puis on remarche l'aprèm jusqu'à Monestiers, on se pose près du camping à l'aire des camping car , il n y a pas de véhicules , la rivière et la flotte , la pature.
le lendemain journée d'acharnés on carbure jusqu'à Albi , il fait tres chaud le gr est sec et assez moche, on ne se sent pas de  s'arreter avant l'entrée de la ville, on aura fait au moins 25 bornes , on trouve un gentil bricoleur qui nous prète un bout de jardin à l'entrée de la ville , on dort pas si mal dans ce quartier résidentiel, nour veut s'incruster dans toutes les maisons  mais les habitants ne l'entendent pas tous ainsi et les portails se ferment...
herisson blessé dans le jardin . on retrouve mes amis d'enfance les wanins  près de la cathedrale , ils ont du mal à nous trouver alors on teste  le chapeau avec les anes , les gens ont l'air de donner pour la caresse aux betes ,plus que pour la musique ..mais il y a plein de super réactions...

réflexion personnelle de caro

J'ai du mal à coucher mes réflexions sur ce foutu clavier tactile... poutant il y en a , à traverser cette drole de france qui semble oublier son passé , avec tous les vieux de la génération de Stefan Hessel qui disparaissent pour laisser place à leurs petits frères des trentes glorieuses, qui eux ne jurent que par ce qu'on leur a vendu du progrès ...et qui oublient son futur aussi , en se déresponsabilisant de son impact en toute innocence. A chacun sa maison son portail, sa piscine et son chien et sa tondeuse à gros cul.

Ici on s'abitue au bruit des transes que je juge malsaines , comme cette free party en pleine nature qui nous a empeché de nous endormir en écoutant la chouette et le vent du soir , le silence devient un luxe recherché, quelle musique pourra l'égaler ? Ce que je faisais avant, mes chansons à texte , me semblent lointaines. Il y a des lieux où le silence peut germer et ce ne sont pas ceux là. Seule la vérité paie , la vérité de ce que l'on est intimement, et paradoxalement à toute cette mascarade, on dirait que la rue, la foule entend cette authenticité d'etre, et l'attend.


d'Albi à Alban


On reste quelques jours à Albi chez les Wanin, deuxième famille d'enfance de Caroline. Grâce à Pierre, les ânes sont avec confortablement dans un champ avec d'autres amis ânes avec lesquels ils s'entendent bien.
albi

Nour malheureusement tombe malade et à une grosse fièvre. On repart jusqu'aux Avalats où Olivier trouve la Laiterie, collectif d'artiste qui nous accueillent.  On y voit le cauchemar de Grimm, et c'est vraiment bien. Marcel, un voisin installe les ânes dans son champ avec ses chèvres.

marcl des avalats

On croise par hasard sur l'ancien camping nos amis Yannick, Maude et leurs enfants.
Ils ont voyagé longtemps en roulotte et en famille, aujourd'hui ils sont en bus, avec le même désir de voyage et de liberté d’être. Nous les avions rencontré au moment de leur transition entre roulotte et bus.
http://blog.laroulottequigigote.com/
http://mytae.fr/
 

On y reste jusqu'à ce que Nour guérisse. Puis Juliette nous rejoint à la Maurinié où on dort dans un pigeonnier aménagée comme une petite datcha russe, près d'une grange transformée en monastère.

bambou icone russe

chalet russe icone

 Juliette soutient psychologiquement Bambou dans la difficile descente à Ambialet au bord du Tarn, puis on va tous à Alban par la route, on y reste la journée suivante.


juliette


D'Alban à Cambounès, la traversée du Tarn

La première journée seul à Alban, je me retrouve sous des trombes d'eau après avoir accompagné caro, Nour et Juliette à l’arrêt du car. Je reste sous la tente après avoir essayé de tout sauver de la pluie et pris un café mouillé presque nu sous un arbre. J'essaie de me protéger avec mon costume de clown qui ne protège rien, il fait un froid d'hiver, bref la débâcle...
Le lendemain matin, je pars à l'aube par une jolie petite route, mais juste avant la dernière montée vers fraisse, des gars en gilets jaunes nous arrêtent. Impossible de continuer car il y a une course de boite à savon à roulette. Le temps d'attacher les ânes les premiers engins déboulent. Un des fous du volant mais dit que son plus grand rêve serait d'avoir un âne et de faire avec lui les courses au Leclerc d’Albi. Je l'encourage à le faire. Je repars en faisant trotter les ânes dans la cote avant qu'ils remontent les boites à savon en petit train en tracteur. On traverse la nationale sous un pont. Beaux paysages de bulles de savon verdoyantes, je reste sur les hauteurs mais le chemin doit faire beaucoup de détours. Au hameau La Garrigue on croise un troupeau de lamas, un énorme lama nous attend au tournant en crachant, grosse frayeur de mes petits ânes Pause près d'un petit ruisseau, les ânes restent sur la plage de galets, collés l'un à l'autre, comme pour se remettre de leurs émotions. La montée juste avant Rayssac, les ânes n'en peuvent plus, j'arrive finalement à les convaincre mais je m'en veux un peu. A Rayssac, aire de camping bien aménagée, avec barbecue et tout et table en marbre, je discute avec un chti, devenu à 60 ans le plus jeune du village.

rayssac

Le lendemain, j'ai du mal à partir, il y a une vue magnifique d'où je suis. Je passe par la carrière de marbre. La route est bloquée, je remonte, retrouve le gr par les petites routes en me perdant un peu. Gaspard veut faire une pause, je vois qu'il y a un centre équestre et un bar au bord du lac. Une femme me dit que je ne peux pas passer par là car c'est privé, je lui fais remarquer que c'est un bar donc ce n'est pas privé, elle me répond que le bar est fermé et qu'elle veut sortir ses chiens. Je fais une courte pause un peu plus loin près du lac. Nous montons à saint Paul arifat où il n'y a rien. A Arifat il y a enfin des touristes, et un bar, alors qu'il n'y a pas de village mais juste un vieux château branlant. Le patron m'explique que les Tarnais d'ici se connaissent tous alors ils s'invitent les uns chez les autres, et pour les courses il y a un immense supermarché à montredon. Il avait  des ânes qui ressemblaient à Bambou je sens qu'ils lui manquent, je n'ose pas demander pourquoi il n'en a plus... On campe près du Dadou, les ânes se rassurent des bruits de la forêt en collant à ma tente.
Au réveil, tout est trempé, l'humidité de la vallée est impressionnante, et cependant il faut partir assez vite car la canicule est annoncée. Je marche assez vite jusqu'à Montredon, je comptais n'y passer que pour y faire des courses et me restaurer un peu, mais soudainement il fait une chaleur de plomb, je reste à un café pour peaufiner le blog. Le patron me conseille fortement de suivre le tracé des VTT et de traverser l'agout à pied pour éviter un long détour. Les ânes ne veulent pas aller par ce sentier, ils auront raison, il est impossible de traverser l'agout. Alors je les force à poursuivre jusqu'à Roquecourbe. Les ânes sont meilleurs conseillers que les patrons de bar tarnais... Les voitures foncent de retour de Castres, c'est une route dangereuse mais je n'ai plus le choix. A Roquecourbe je m'installe au bord de l'agout, c'est sympa, les familles adorent les ânes et ne se lassent pas de les caresser. 

Le lendemain nous montons sur Lacrouzette, en croisant des camions portant du marbre funéraire. C'est beau le Sidobre, mais parfois cela ressemble à une grosse usine pour le granit, on entend les engins briser le corps de la montagne, et les camions rouler très vite avec leurs gros morceau de roche. Je me pause au riant lac du merle, une petite fille garde Gaspard Je traverse la forêt du Sidobre, le chemin est fait pour les chevaux. Je m’arrête près d'un ancien moulin. Il y a des chevaux du centre équestre voisin et des pécheurs à la langoustine. Une fois tout ce monde parti, un moment d'inadvertance et mes ânes repartent sur le chemin retrouver les chevaux au centre équestre. Je les ramène, me baigne dans la bonne eau glacée et je fais un bon feu dans un champ d’ortie. Je profite pour me faire une soupe aux orties.
Le lendemain, j'attends à Cambounès Caro et petite Nour.

De Cambounes on se pause au rialet, le bourg suivant. Là les ânes sont dans un champ avec un couple de cochons noirs et un couple de moutons. Gaspard et Bambou piquent le petit abri des moutons. On reste la journée car Olivier est crevé, et on se perd dans la foret en allant au lac des Peyres. Le lac est immense et sauvage, une grande plage noire nous y accueille, un petit ruisseau d'eau claire y coule, on y est bien. Le lendemain on poursuit le chemin jusqu'à Saint Amans où on dort dans le champ d’orties d'un temple protestant près de la rivière. La nuit, un mariage dans la salle des fêtes empêche de dormir olivier. On se lève très tôt pour gravir la montagne noire.

Le passage de la montagne noire, arrivée chez Gilbert, dans l'Aude

Le chemin cherche le voyageur pour ne pas disparaître. Il y en a peu , et tant de sentiers en ont besoin....

On est dans la montagne noire, à Castans, chez Gilbert qui jadis avait conduit des caravanes d’ânes, fasciné par la paysannerie itinérante et la vie des hommes bleus.

Maintenant il ressemble à ce beau mois de septembre qui aimerait faire ralentir la venue de l'hiver.

gilbert

Nous avons quitté le Tarn ou Juliette nous avait accompagnés un peu , depuis le pigeonnier spectaculaire de l'église construite par un russe mystique à st Alban ou la pluie est tombée à seau .

Il avait fait très chaud, le chemin très dénivelés , et se baigner dans le fleuve était un vrai luxe. Juliette m'a aidé a mettre des mots sur mes peurs, concernant la petite, et je crois qu'elles sont plus légères maintenant. Merci à elle.

En grimpant vers le refuge de Triby, sur la montagne noire, les ânes ont montés leurs premiers milles mètres, sans encombres. Maintenant , d'où on est, on peut voir ou nous allons,les Pyrénées catalanes..

Pas encore de piste pour l'hiver , on cherche, mais on ne réfléchira bien qu'en marchant je pense , alors continuons...

nour au bain

Nour au bain

Sinon Gilbert à un livre d'une famille , la famille papigny, qui a voyagé deux ans , hiver comme été dans la France des années quatre vingt, en même temps que Gilbert Époque ou il y avait encore de vrais roulottiers manouches et des métiers traditionnels, les choses ont changées et sans doute, à part dans les nouveaux réseaux alternatifs, l'accueil est moins simple qu'avant chez les paysans , enfin on a quand même été accueillis , mais il semble que tout un monde qui connaissait certains mystères et pratiquait une hospitalité ancestrale ait presque disparu.. l'hospitalité se réinvente laborieusement , dans une société individualiste. Mais les choses changent...la fin de l'été me rend toujours un peu nostalgique d'une sorte de bercail imaginaire, ah , la Bretagne , là où des amis restent solides comme le granit.. mais c'est peut être une entrave que de penser à ce qui n'est pas là. Olivier, lui ne se sent pas une attache qui viendrait le chatouiller pour un petit projet de retour. Je ne sais pas ce qui est mieux , sans doute d’être heureux , comme Ulysse... C'est très beau ici, le vent fait balancer la vigne pendante et les couleurs d'automne sont déjà là , entre les sources encore vivantes.


castans
chez Gilbert


L'Aude

traversée de l'Aude (en contournant Carcassonne), sentier Alaric, jusqu'à Lagrasse

Accompagné par Gilbert, en redescend la montagne noire, puis on continue vers la plaine de Carcassonne. Pris par la chaleur on s'arrete au lac de la ville appelée Laure en minervois. Le soir, sont venus de jeunes militaires complètement à bout , sous pression sécuritaire , dont un réunionnais de st Denis au bord du pétage de plomb. Ils se sont enfilés des litres de whisky coca en passant dans leur ampli des musiques électriques, sans aucune cohérence dans leur arrêt ni leur volume ...la nuit était fameuse....petite anecdote au passage , on a été témoin ce jour là d un vol , des gens avec qui on discutaient, une petite famille, ont tout simplement piqué un téléphone à une famille de gitans, dont l'ancien nous avait ému en allant montrer nos ânes à ses petits enfants ...voila où on en est donc, ceux qui sont censés défendre le pays sont les plus dangereux, les plus malhonnêtes ont l'air bien sous tout rapport et ce sont encore les gitans qu'on accuse , et les arabes et les altermondialistes … quel beau pays, qu'elle belle époque...

au lac de Laure en Minervois

Bambou au lac de Laure en Minervois

Le lendemain, après une nuit blanche, on a bien galéré pour trouver un endroit, près du canal du midi c'était épouvantable , au niveau de la chaleur et de l'agitation touristique. Un gentil gars nous a accueilli le midi dans sa belle péniche, ce qui a permis de nous reposer un peu...puis on a voulu se poser près de l'Aude au village d'Ouat , mais en voyant quelques saisonniers en camion blindés et aux meutes de cleps, s'apprétant à ingurgiter des litres de bières, on s est dit que si on voulait dormir , et que les ânes ne s'étranglent pas de peur à cause des aboiements on devait dégager du bord de l'eau. Tout ça m'a déprimé pas mal...on ne sait même pas partager le peu d'espace qui est octroyé aux marginaux que nous sommes … si je suis énervée par ce type de comportement, c'est parce que je leur trouve des instincts offensifs de propriétaires. Leur barrière électrique, c'est leurs chiens d'attaque , leur ampli ou la musique recrachée est inaudible sans avoir avalé des pilules arrosées d'alcool frelaté. Bref on a fini laborieusement par trouver un jardin .. merci encore à ce gentil chasseur occitan qui nous a reçu sous son figuier … un gentil chasseur, ah que la vie nous détrompe constamment !

En attendant que la pluie tombe sur les terres calcinées, même Sainte Carla de la Montagne en désespère...la rivière, l'orbeu devient serpent et l'épicière s'inquiète en regardant les arbres mourir asséchés, et quelques-uns s'assoient sur le pas des portes et ne peuvent faire qu'attendre, comme le raisin privé d eau qui tombe au pied des vignes jaunies. Et la beauté est encore là, menue et vulnérable comme ces petits poissons dans les flaques de l'orbleu qui s'ébattent, les oiseaux dans les branches, le calme entre les coups de cloches de la vieille abbaye. Le tout menacé par l'imminence de l'incendie qui rode entre les pins, sur ces collines que ânes, mulets et moutons et hommes besogneux ont désertées... d ailleurs, hier , huit cent hectares ont brûlé à trois jours de marche d'ici,les gens du village se sont regroupés autour du pin centenaire pour implorer les canadaires qu'ils sauvent leur protecteur, ce qu'ils ont réussi à faire. De belles choses et de très laides nous attendent en ces temps décousus. Il y a ceux qui s'assoient sur le pas des portes, observent et attendent, d'autres qui se ruent vers les piscines en voiture climatisée, pour échapper à l'évidence. Et nous qui nous déplaçons si lentement, totalement vulnérables aux éléments, parfois sur des massifs interdits, car un seul sentier y passe, sinon c'est la départementale.

vue de l'aude

Nous avons traversés, sans Nour confiée aux grands parents en visite, la montagne d'Alaric. De là-haut nous étions complètement seuls, on pouvait voir les quatre horizons , des Pyrénées à l’Ardèche , et derrière nous, la plaine de l’Aude , la montagne de nore, au loin à l'ouest deviner l’Ariège . Il y avait un vent à décorner les bœufs, Gaspard était scié par tant de visibilité en face de lui, il ne pouvait pas décrocher son regard d’âne de ces espaces où il peut voir surgir à sa guise et de très loin tant de prédateurs, et ses oreilles n'en pouvaient plus de se dresser.   

vue d'en haut

Ils ont descendus vaillamment la montagne dans les pierriers. Drôle de montagne dépeuplée, ou quelques pierres témoignent encore de vieux refuges cathares, de retraites monastiques ou de vie paysanne près de cours d'eau maintenant asséchés.. 

vue roc de l'aigle


De Lagrasse à Feuillat, sous la canicule

En partant de Lagrasse, on reprend notre rythme de début de voyage, on avance à peine plus de dix kilomètres par jours, à cause de la chaleur et des risques de feu . Ce qui nous a permis de sympathiser avec des portugais à taleran, et de se faire accueillir de manière royale par aimée et Michel. Aimée écrit de supers contes pour enfants et Michel s'occupe de sa mère de 99 ans tout en prenant soin de son village en tant que conseiller municipal.

à Coustouge

coustouge

la jeune Pedj nous a gentiment conduit vers la dernière source du village pour avoir un peu d'herbe et d'ombre. C'est à cet endroit qu'ont campé depuis trente ânes les vendangeurs espagnols et les bénévoles venus pour construire le café associatif. Maintenant , et récemment, l'achat contagieux des machines à vendanger vide le village de ses festivités d'automne. Même Yves, Le brave viticulteur bègue qui nous offre du vin et du miel se met a regretter les chansons des vignes et les "gracieuses andalouses"...heureusement le café redonne de la convivialité le samedi soir, hier avec chris , un anglais de soixante huit bricoleurs adopté par les villageois , on a joué , contrebasse, accordéon et guitare. C'était bien, à part pour la nounou barbue ...qui s'est aussi farci la ballade des ânes entouré de quinze mioches excités par un anniversaire...

coustouge

photo de l'association L'Ormeau

lci, pedj, et les gens du villages s'attristent du niveau de l eau... la pluie devrait venir mercredi , en attendant il fait caniculaire, et nour a la diarrhée.


Départ de Coustouge très tôt le matin, après avoir dormi dans la grande tente réservée par Yves pour son vendangeur.

Un petit vieux tout sourire nous remplit nos bouteilles d'eau potable bien fraîche (l'eau du réservoir près de la rivière était un peu limite).

Le ciel est couvert, la lumière est magnifique, les ânes marchent vite. De loin Durban Corbières nous apparaît de façon presque magique, avec le château en ruine et sa cité à flanc de coteau, dans un paysage sec et beau, on voit au loin la pluie qui tombe sur les Pyrénées. Par hasard on croise Bernard et Bernadette de Costouge, qui avaient été touchés par la soirée accordéon et contrebasse, ils nous parlent d'un propriétaire d’ânes, Garcia, et aussitôt celui ci apparaît, il nous mène à un pré très sec, près de la rivière asséchée. A Durban nous faisons connaissance avec Rémi Mikel et Ulrik, les vignerons bio, ils nous offrent du jus de raisin fermenté très bon mais qui nettoie sacrément les intestins..les deux enfants jouent avec Nour et nous accompagnent voir les ânes .  L'après midi une canicule s'abat sur Durban , ville si belle de haut et si mélancolique en bas, avec sa rivière asséchée. Rémi nous parle mémé de la malédiction de Durban , qui a été inondée et maintenant  sans eau.  le seul endroit frais reste le bureau de tabac qui vend des sodas dégueu, tenu par un type qui nous dit ne pas croire au réchauffement climatique, que pour lui ce n'est qu'un cycle , bref qu'on va tous crever et qu'on n y peut rien changer, et le supermarché...au bout d'une route qui rendrait n'importe quel piétons hystérique..

C'est étonnant ce contraste, cette paix au pré où sont les ânes, l'humour de Garcia qui revient le soir avec des légumes délicieux et ce bas de village, l'avenue nerveuse et chaotique...

garcia durban Garcia

On est quand même bien contents car il y a juste un tuyau d'eau dont on peut profiter, et un barbecue sécurisé à disposition, du coup on se fait des grillades. deux enfants du villages viennent et pendant qu'un deux nous dit son horreur d'une école qui le laisse seul à la récrée sans son ami handicapé qui a été transféré dans un autre établissement... Je leur apprends à faire la chouette (en leur disant que pour réussir, il faut s'ennuyer beaucoup et longtemps a l'école) tout en laissant Nour se balancer de la cendre partout en riant.. Je leur dis, attention, si vous ne réussissez pas a l'école vous finirez comme nous ! C'était un bien joyeux moment. Le soir Ulrich vient nous apporter du raison (mes intestins...) et discuter, ainsi qu'une femme orthophoniste qui garde  une vieille dame et promène un peu triste ses deux chiens. on passe une tellement bonne soirée qu'on se couche trop tard, et le matin , on ne décolle dans l'énervement de la chaleur qu'à dix heures... c'est le fiasco, les ânes ont faim ( la pâture du gentil garcia n'était plus très riche, comme partout en ce moment , le mieux reste encore la luzerne sauvage des talus et on a bien du mal a dissuader bambou et Gaspard de s’arrêter )

On arrête pas de se paumer en plus , enfin on échoue a St Jean à midi .. mais par chance ça nous permet de rencontrer claude et pépé, des écolos de la soixantaine, qui nous invitent a manger un repas simple et excellent. les ânes eux mangent dans le jardin encore un peu riche des voisins amis,  ils sont ravis. claude et pép vont souvent en grece et au Maroc ils nous rappellent cette triste réalité, les enfants du pyree ont du vendre leurs oliviers , dans l’indifférence la plus totale.. mais les gens saignés se retrouvent dans la rue , révoltés et se parlent ..et les gouvernements savent qu'il est dangereux pour le capital de se parler...claude me raconte qu'ils ont déscolarisé leur fille , qui est prof maintenant et se régale. Mais qu'ils ont eu de temps à autre les flics aux culs a cause de ce choix. Nour est extrêmement sociable, il nous faudra trouver des lieux ou elle puisse apprendre et échanger, et inventer d’autres écoles .
bref on repart sous le vent marin très fort vers feuillat. On passe le col, ancienne frontière avec l’Espagne, Nour se réveille a cause du vent  mais on continue par de magnifiques paysages, les pompiers guettent le feu au soleil en siestant à tour de rôle.. et à feuillat  on rencontre Sylviane qui nous prête son garage, puis un gîte la nuit suivante. On discute avec les producteurs de bière et de vin bios, et des roulottiers qui donnent du foin aux ânes Ils se sont installés à Feuillat en attendant de repartir un jour. La pluie tombe enfin, la nuit et le lendemain matin. Encore un petit coup de vin naturel, et hop on repart!

Le pays catalan (Pyrénnées orientaux), de Feuillat à Céret


De Feuillat à La Tour de France, en pays catalan (avec léna et toulouse)

On prend un chemin de terre qui passe par les crêtes, d'où on voit pour la première fois la mer. On passe la frontière, nous voilà au pays Catalan. Pause à Opoul dans un centre équestre où Jeremy donne aux ânes un paddock, du foin, de l'orge. Léna Belloy nous rejoint avec son chien Toulouse.

opoul

Le lendemain on fait une grande étape jusqu'à Tautavel avec une pause midi en plein soleil. Léna finit l'étape en stop avec un méchant mal de pied. On traverse des vignes et des paysages superbes, Nour se gave de raisins et de figues. On rejoint Léna au centre de Tautavel, il y a de nombreux vendangeurs, on campe au bord de la rivière. On marche le lendemain tous seuls, abandonnés par notre équipière qui part en stop à La Tour de France. On se sent triste qu'elle ne puisse pas nous suivre. La tramontane souffle fort. La sortie de Tautavel est difficile, beaucoup de circulation et pas de route autre que la route principale, mais on trouve sur la fin une belle petite route au milieu des vignes. Pause d'un jour à la Tour de France dans un petit jardin en friche. Nour fait connaissance avec un petit garçon qui passe le week-end dans le jardin voisin, elle traverse une jungle de bambou pour aller le voir, elle tombe amoureuse «de « bébé ballon ». Conflit de territoire entre Toulouse et les ânes. La tour de France est un village paradoxal, des gens très sympa, une ancienne chanteuse - Nicole, l'épicière, la boulangère, Jean louis qui a des chevaux, un employé de la commune ferrailleur, qui nous donne des habits et passe un moment avec nous, mais aussi des vendangeurs en camions et chiens de combat bourrés conformistement  du matin au soir  de manière pas très artistique qui créent prés de la riviére une atmosphére pesante .

léna à la tour de france

Léna nous quitte en boitant vers d'autres aventures, elle nous a ramené son livre qui est génial, mais nous ressentons une tristesse à son départ, nous tenions tellement partager avec elle notre périple http://est-roulotte.over-blog.com/

de la Tour de France à Céret

Nos dernières étapes en France nous rendent un peu mélancoliques, même si tout s'est bien passé, si nous avons eu une certaine chance et un bon accueil, si bambou et Gaspard et surtout Nour se portent très bien, et si nous accomplissons un petit exploit, nous nous ressentons encore dans un monde parallèle à celui que les français se sont construit. Qui a raison, ceux qui ont tué leurs ânes, ou ceux, comme nous qui continuons à les faire travailler ? Notre traversée n'aura pas beaucoup changé les choses, elle nous isole, mais bon, le bilan viendra peut être plus tard. J’écris sous la pluie qui tombe enfin à Céret, nous avons traversé des pays secs, et l'eau fait du bien.

Après la Tour de France nous sommes allés à Corbère les cabanes, la route était longue (surtout qu'on s'est bien paumés entre les pêchers et le canal, encore une route de taré à suivre pas le droit à l'erreur..) et nous sommes arrivés tard. Heureusement, après avoir avoir discuté avec un groupe de vieilles catalanes, madame Pull nous accueille gentiment près de chez elle, les ânes sont attachés dans un champ en friche. L'accueil catalan est frustre au premier abord, il peut même paraître hostile, mais ensuite il se dégèle et devient une belle générosité. Ainsi le mari de madame Pull qui insiste le lendemain pour que sa femme nous amène le café, puis de la confiture et toutes sortes de gâteries pour Nour. Madame pull a vécu son enfance en algérie , elle en garde des souvenirs tellement forts qu 'elle n a jamais voulu se re confronter à l'algérie d'aujourd hui. Madame Pull a vécu son enfance en Algérie , elle en garde des souvenirs tellement forts qu 'elle n a jamais voulu se re confronter à l’Algérie d’aujourd’hui . Dans son salon trône une photo magnifique en noir et blanc d'elle adolescente nu pied aux cheveux fous sur un splendide cheval blanc , au beau milieu d une plaine de sable "j'étais sauvage" me dit elle fièrement. Notre voisine Martine et son mari, l'ancien médecin de village, Jean Louis, nous invitent pour nous laver, puis nous offrent une pizza. plus tard je les aiderai un peu a faire le jardin qu'ils ne peuvent entretenir comme ils le voudraient par souci de santé. Ce sont des gens extrêmement gentils, et positifs. Martine écrit de beaux aiku , et semble très philosophe. nous discutons peu , mais assez profondément. Le lendemain, on reste au village par crainte des chasseurs de gros gibiers, et on rencontre au café Théo et Sandra avec leur petit garçon Abel. tous deux anciens travailleurs sociaux dégoûtes de l'institution tentent de se reconvertir à la pâtisserie et a l'élaboration de liqueurs. theo écrit aussi de chansons , et Sandra joue de la flûte traversière. Caro part seule au marché d’île sur têt, elle y rencontre une musicienne, Félicité. Peut-etre la reverra elle cet automne , pour monter un petit truc. On passe la soirée à déguster les liqueurs délicieuses de Théo, à faire de la musique ensemble, Nour joue avec Abel. et en oublie de manger , faut dire qu elle a eu une après midi mouvementée et que sa chute du toboggan lui donne des airs de catcheuse!

On traverse ensuite la dure montagne des Aspres, sèche et déserte. 

Pause un peu triste à Caixas, ville abonnée à la délicieuse invention de voisins vigilants, l'oeil orwellien inquisiteur ?''''' On a oublié nos sangles d'attache, alors on fait la méthode macho, bambou attachée et Gaspard libre, qui ne partira pas loin de sa dulcinée (elle par contre détachée se fait une joie de lui fausser compagnie , en quête sans doute d'un ane avec tous ses attributs.. ou de liberté ..). Un employé communal et un belge me donnent quand mime des cordages. Le premier me recommandant bien de ne pas laisser ouvert la porte du cimetière (quand vous ouvrez des portes, refermez les!  me dit il gentiment...je trouve ça un peu ridicule mais je n'insiste pas , le brave homme m'ayant dépanné et déjà un peu abusé de l'hospitalité des défunts pour laver les fesses de Nour au robinet..). puis on sort des bois à Cameilles

aspres

La nuit tombe quand les habitants du petit village se mobilisent pour nous trouver un coin avec une belle fontaine. Une habitante, Vania, de Suisse, dit à Caro qu'elle a aimé l'entendre chanter sur le chemin. Les ânes profitent d'une herbe plus verte.

Le lendemain nous descendons sur Céret ou nous trouvons un terrain abandonné. Une famille normande nous invitent à dîner chez eux, Nour joue avec leur fille et leur petit garçon :. Caro joue au marché du samedi,  un grand marché avec plein de musiciens habitués dont le bulgare rom rencontré l'année dernière a collioure . pas facile dans cette multitude de trouver l'intimité nécessaire pour faire de la chanson , mais bon   il faut savoir ou on est à notre place et faire en fonction .Olivier prend son costume de clown. Nous nous trouvons dans une petite cabane en bois, protégé de la pluie. Merci à celui qui nous a ouvert sa porte.

Dernières étapes de Céret à Garriguela: la Catalogne (Espagne)

Nous y voilà... ce soir à Cerbère l'air émane de fleurs parfumées mêlées à l'air marin, les trains de fret vont et viennent et ce mouvement a quelque chose de presque rassurant pour nous qui venons pour un temps de vider les sacoches et de confier Gaspard et bambou à Denise et son troupeau d’ânes de Garriguela, à deux jours de marche d'ici dans la montagne.

Je me sens à la fois soulagée et perdue sans les ânes. Ce soir il n'y a pas d'humains non plus à part nous, c'est bien, juste ce qu il nous faut pour la transition .

Pour arriver ici, nous avons quitté Céret et la petite case qu'on nous prêtait, près d'une gentille famille normande qui deux soirs de suite nous ont invités à manger copieusement. Leur petit fils Julian a bien joué avec Nour, elle a découvert les voitures électriques et les poupées qui parlent, et lui, la tente et le porte bébé. Le grand père, grand militant syndical, resté fidèle au parti communiste et à la cause, a pris beaucoup de temps pour parler avec Olivier, et la petite fille s'est occupée de Nour tout le temps. C’était un bel échange, et de microbes aussi car Nour a refilé son rhume de changement de saison au petit gars.. les excuses à la maman ! Le départ de Céret a été assez laborieux, malgré l'air chargé de l'humidité de la pluie de la veille qui rendait l’asphalte plus respirable. Il a fallu remonter la grande avenue passante qui remonte la ville, et où les voitures et les camions roulent à toute allure vers on ne sait où... une chose est sure, c'est que malgré les bus à un euros, tout le monde a sa petite voiture individuelle, pour supporter entre autre de remonter cette rue si hostile au piéton … absurdité de notre époque où chacun sauve sa carcasse en s'engouffrant dans un carrosse.. enfin les ânes ont ralenti un peu la frénésie... nous avions hâte de l'Espagne, devant le peu d'enthousiasme que suscitait ici notre caravane.. on imaginait déjà la sangria et les tapas servies sur un tapis rouge où un danseur moustachu, de verdad, esquisserait un paso doble..enfin on ne serait pas déçus.. donc on serpente par de petites routes et pistes pour passer le dénivelé au moins haut, à six cents et quelques mètres . C'est plus long , mais le chemin direct a l'air trop chaotique. Cela nous permet de faire une pause au Mas blanc, on nous prête une table, de l'eau, nous proposant même de camper la nuit , mais il est tôt , et j'ai hâte, qu'on en finisse... oui je suis fatiguée et impatiente, après cinq mois de voyage j'aspire à autre chose, du moins pour l'hiver qui arrive. Le poids du sac, la surveillance constante de la petite, le levé au clairon, le démontage continuel de la tente, les instruments pétés, les courgettes écrasées dans les sacoches, leur fermeture éclair qui se bloque, bref le démon du quotidien lié au stress de la responsabilité de l'enfant dans l'imprévu de notre aventure, oui tout ça me donne un herpes de fatigue sur le nez ...olivier lui est ravi de ce mode de vie , et ce qui est drôle c'est que c'était un peu mon idée ….enfin cela fait réfléchir au printemps prochain … doser plus nos efforts peut-être, faire de sacrées longues pauses .. enfin on y pensera cet hiver. Donc après le Mas blanc où la petite Nour est tombée d'une marche, le nez contre une pierre, suivant le conseil de notre presque hôte  (merci pour le presque café ..ah je deviens méchante il est temps d'arriver!) nous ouvrons les barrières d'une propriété énorme , des hectares de forets qui abritent mouflons, vaches et ânes. Je suis pas très rassurée, s'il venait des entiers, des taureaux? bref je dois manquer de magnésium, car le chemin est splendide, on est au beau milieu du sauvage, des Pyrénées hiératiques. Pendant quelques heures, on ne croise pas de bêtes juste leur crottes qui parfument cette piste intemporelle .

Puis nous arrivons à Las illas. Quel village sympathique. Enfin chargé de quelque chose. Ça frissonne sous les pieds, un peu comme dans certains coins du Vercors. Car la mémoire des réfugiés espagnols résonne ici. Ils sont nombreux à avoir pris, pour fuir le régime franquiste, le chemin de la liberté que nous prendrons demain mais nous, dans le sens des brigades rouges. Las illas a accueillis les exilés qui ont leur monument devant lequel je joue l'estaca. On peut poser la tente sur un super terrain municipal où il y a fontaine, douche fraîche et a coté, prés pour les ânes chez patrice, sexagénaire choriste et naturaliste qui nous invitera le matin à un petit déjeuner au chaud, en nous offrant ses confitures excellentes.

patrice las illas

 Il s'est attaché aux ânes et nous propose de les laisser chez lui, plus tard , si notre plan foire. Nous partons dans la fraîcheur des hauteurs, sur le chemin des passeurs, et arrivons en Espagne par la montagne.

PASSAGE DE LA FRONTIERE

Là bas, on se perd un peu , et on descend vers la vignol , où on fête l’arrivée en s'offrant un petit plat dans un café tenu par un couple sympa, qui connaissent Denise, chez qui on va. Puis on chemine vers Darnius, par un très beau chemin que l'on perd et que l'on retrouve, très beau et vieux chemin. Olivier se rappelle un peu de son catalan, mon espagnol dépanne mais n'ouvre pas les cœurs. A darnius par exemple , une mamie nous parle longuement en catalan et on ne comprend rien . On se pose quand même près de l'aire de « joujoux » que Nour a repéré dès qu'elle a ouvert les yeux. Il y a un grand champ avec des repousses de luzerne sauvage, les ânes se gavent et les enfants sont complètement dingues des ânes, surtout un ado qui ne peut s’empêcher de rêvasser la tête sur le dos de bambous pendant facile une heure. 

darnius

Nour est intimidée par tous ses enfants catalan à l'énergie folle et exubérante, elle trouve néanmoins un compagnon de jeu déguisé en super man … la pauvre a une tête d'enfant malmené a cause de sa chotte et de son rhume... enfin je peux parler avec mon herpes nasal..ils doivent penser que c'est génétique. Enfin on dort bien , jusqu'à ce qu.une greluche vienne s'amuser avec des amis amochés à faire courir son chien après les ânes . Le molosse aboit à réveiller tout le village, les ânes courent dans tous les sens , je cris hyper énervée un »stop » enragé , elle me répond qu'ici on est a la ciudad, no en campana... autour de nous les montagnes et les champs … tenemos la autorization de ser aqui «je lui dit et c'est un mensonge mais ils s'éloignent enfin , me laissant à ma rancœur et macérant ma hargne contre les maimaitres à toutous, qui mettent toute leurs peurs , préjugés et colère, et volonté de pouvoir aussi, sur cette pauvre bête robotisée, et qui n'acceptent les équidés en ville que dans leurs croquettes pour molosse . C'est bien triste que l’âne, emblème de la catalogne soit ainsi méprisé.

Mais les autres gens de darnius sont plutôt sympas et bienveillants. Tout comme ceux de Las escuelos, petit village que nous rejoignons le soir après maintes embûches ( le balisage nous fait de sacrés bonnes blagues, nous conduisant tantôt à une impasse , tantôt nous faisant tourner en rond puis emprunter un chemin creusé par l'eau totalement chaotique avec des ânes ) et oui car ce que j'écris en quelques lignes , chaque jour brave gens qui venez en voiture et qui voulez discuter avec nous sur le bord de la route , ce que j écris n'est rien comparé a l'état dans lequel le voyage harassant peut parfois nous mettre , et qu'elle est agréable la rivière fraîche de boadela quand on a sué de rage sur les sentiers calcinés.. donc quand on arrive a las escuelos , beaucoup de bienveillance, Monica nous montre ce champ et l'abri bétonné. Tonet le fils de l'aubergiste lola nous emmène voir des bassins plus tièdes que la rivière pour se baigner.

Le lendemain, on fait la pause de midi dans un beau lavoir d'un monastère, que l'on squatte, au beau milieu de nulle part. Il y a des chiens attachés dans la cour qui nous dissuadent d'aller nous présenter. On a traversé la pénible autoroute, fait pitié à une famille, des gitans sans doute, qui nous demandent pourquoi est- ce qu'on a marché autant, nous plaignant et semblant être les premiers depuis longtemps à saisir la difficulté d'un tel voyage au long cours . C'est pas très agréable de faire un peu pitié, mais je n'apprécie pas plus l'angélisme de certains «  ah super vous venez de Bretagne, j'adore là bas ,ils font de bonne crêpes hahaha » .

bambou en espagne

Donc le soir dans un bled dont j’oublie déjà le nom (Peralada), nous ne trouvons aucun bon conseil chez les habitants habitués aux touristes du golf et du casino. On se fait même refuser la tente dans un jardin pour la première fois. Réalisons notre chance, en cinq mois , il a fallu attendre la dernière nuit avant l'arrivée pour squatter misérablement dans un champ d'olivier en bordure de ville devant des résidences aux volets scrupuleusement fermés d'une cité dortoir, et pour avoir au matin la visite de la police. Au matin aussi , nous nous faisons menacer sur un chemin par un patou en liberté. Réalisons aussi la chance, sur cinq mois , pas une franche attaque de chien. Nous nous rendons à Garriguela par des prés.

arrivée garriguela

C'est assez facile après une pause joujou tortilla squattage de pré de trouver Denise. On met la tente dans le centre équestre, ah j'oubliais , la nuit précédente ça a braconné toute la nuit , et tiré dans tous les sens. On met donc les ânes au troupeau.

le troupeau

Denise a douze ânes ça fait quatorze avec les nôtres. Elle les nourrit de foin deux fois par jour. Il y a un peu de repousse mais les ânes aiment ce rituel. Nous avons le temps d'observer bambou et Gaspard se faire chasser , puis un peu acceptés... on reviendra dans une dizaine de jours pour voir s'ils n ont pas maigris car trop dominés parce que plus petits et nouveaux. 

denise

Mais la situation n'avait pas l'air dramatique, et Denise, qui a voyagé pendant quatre mois avec deux ânes de suisse à st jaques de Compostelle connaît bien son métier. Elle nous présente à des amis qui vivent a quinze kilomètres et ont du terrain , et accueillent aussi des gens. Mais pour nous c'est beaucoup trop isolé, sans voiture impossible. Peut être la possibilité quand même de transhumer les ânes là bas, mais en fait je crois que je préfèrerais qu'ils soient a Cerbère en janvier, qu'on trouve un truc ici, et plus tard chez patrice. A suivre en tout cas maintenant dodo !


bambou à garriguela

Pourquoi?

La question revient sans cesse, pourquoi partir aussi longtemps avec des ânes? Je me demande si les ânes se posent cette question, pourquoi ne sont ils pas restés dans leur pré à se faire cageoler et offrir du pain. Chaque été, dans l'écurie d’Élodie bidet, qui prenait très bien soin d'eux, ils avaient un grand pré verdoyant mais d'où ils ne bougeaient plus. Nous aussi nous aurions pu rester dans un espace protégé et où on nous offrirait l'apéro tous les jours, sans qu'on s'en plaigne vraiment, mais si quelqu'un nous avait proposé de partir en voyage à la condition de porter 1/5ème de notre poids (l'équivalent d'un gros sac à dos), on n'aurait pas dit non.

Ce qu'on avait écrit avant le départ: 

"Comment décrire nos Âneries à venir? Nous partons Caroline, Nour et Olivier avec Gaspard et Bambou des Marais Breton, c'est à dire encore un peu de la Bretagne et déjà dans la Loire, c'est à dire au sud de la Loire. Où allons nous? Nous ne le savons pas vraiment, mais certainement en direction soit de l'Espagne et des Pyrénées, soit vers l'Italie et les Alpes.  L'important pour nous ce n'est pas "où nous allons" mais "comment nous y allons". Déjà ce sera en famille, ou selon la pensée de nos ânes, "en troupeau". C'est à dire en ayant le soin de chacun de nous, humain comme animal, bébé comme adulte, ânesse comme hongre, femme comme homme, à l'écoute du pas et des besoins de chacun, dans le déplacement commun, mais sans s'obliger ni de rester, ni de se déplacer. Et puis donner aux gens que nous espérons rencontrer sur la route un peu de ce voyage, par la musique, le chant, le théâtre, la poésie, le clown, et surtout avec notre cœur. La France, et l'Europe que nous pourrons peut -être atteindre, a un besoin de lien, de cœur, de partage du symbolique, de ce qui se cultive en chacun de nous. Au gré des chemins nous pourrons aussi apporter nos bras, pour la culture de la terre, ou pour un chantier où un promeneur peut être nécessaire. Nous serons aussi l'occasion de débusquer la culture où elle se trouve, de l'écouter, de la partager, de l'apprendre et la transmettre, glaner autant les airs, les mots que les fruits.
Mais nous ne transportons pas de chapiteau, pas de structure, juste une envie: voyager avec la forme la plus simple possible, pour soulager le dos de nos montures. Mais voyager aussi avec quelque chose, le lien, le partage et notre cœur, nos instruments de musique (accordéon, guitare, tambourin et œuf), nos poèmes et nos chansons, et notre nez de clown."

 LIENS AMIS

CAN DECREIX à Cerbère: http://www.candecreix.cat

BURRO TREK à Garriguela: http://www.burrotrek.com/

La roulotte de Léna Belloy: http://est-roulotte.over-blog.com/

Le Cheval Bavard: http://www.chevalbavard.fr/

http://mytae.fr/

http://blog.laroulottequigigote.com/

http://www.tete-de-mulet.org.uk/

http://blog.unfamousresistenza.fr/lire/articles/resistenza-moves/voyage-au-long-cours-sans-moyen-motorise/

https://delamontagneauxetoiles.wordpress.com/

http://heureuxquicommemarius.com/

Sites pour équipement:

JP Bontemps à Saint Astier (qui a fait les licols pour Gaspard et Bambou)

Cab-âne: http://www.cab-ane.fr/

L'ane agile: http://www.ane-agile.com/fr/

sellerie le peyron: http://www.sellerielepeyron.fr/

Randoline (46)
Bernard Lacuche (46)